Texte AlternatifLe yaourt est un des archétypes du produit alimentaire transformé, au même titre que les soft drinks ou les plats cuisinés. Avec ses 910 000 tonnes et ses presque deux milliards d'euros de ventes dans les GMS françaises, c'est même l'un des poids lourds du marché. En France justement, il est à l'origine de la bonne fortune de BSN, au point que ce dernier a finalement choisi de s'appeler Danone. Depuis Isaac Carrasso, le fondateur espagnol de la marque en 1919, il fait l'objet de progrès permanents en R&D. Des géants se disputent les parts de marché. Danone, bien sûr (344 000 tonnes à lui tout seul), mais aussi Nestlé qui vient précisément de s'allier avec Lactalis en Europe, ou encore Yoplait (contrôlée par Sodiaal et Paribas Affaires Industrielles), sans oublier des outsiders comme Senoble ou Novandie (marque Mamie Nova, groupe Andros).
Pourtant, malgré l'écrasante domination de ces derniers, de nombreux "petits" intervenants parviennent non seulement à survivre, mais également à pousser leurs pions, en développant des innovations et en diversifiant leur offre. Pour Aline Cherrey, responsable de la communication de Danone produits frais, le phénomène n'est pas si étonnant. "Avec près de 35 kilos consommés par an et par personne en France, le yaourt est un produit quotidien qui peut lasser avec l’habitude, dit-elle. Ce marché exprime donc un grand besoin de variétés pour répondre aux attentes des consommateurs. C'est ce qui conduit d'ailleurs Danone à lancer pas moins d'une innovation par mois en moyenne". On se souvient qu'Antoine Riboud, lui même, s'opposait à une vision standardisée du produit, déclarant : "je ne fais pas des yaourts, je fais des Danone"…
Texte Alternatif Pour revenir aux intervenants plus modestes, la plupart d'entre eux ont trouvé leur salut dans une stratégie qui tient en quelques mots : qualité et originalité des produits, niche haut de gamme et, le plus souvent, distinction packaging. Par le passé, certaines innovations majeures sont même venues de "petits faiseurs", comme B'A qui lança, avant d'entrer dans le giron de Lactalis, le Bifidus actif dont Danone récupéra le succès pour sa marque Bio, actuellement en cours de transfert sous la bannière Activia.

"L'emballage fait la différence"
Naturellement, l'emballage est un composant central du "mix" produit de ces PME du yaourt. "L'emballage permet de témoigner de notre caractère artisanal ou haut de gamme" estime Pierre Florentin, directeur de la Ferme des Peupliers "et l'étiquette nous permet de communiquer sur le produit et sur l'origine". Ce positionnement ne signifie pas que tout est facile pour ces industriels. "L'innovation en matière d'emballage reste difficile pour des raisons de coûts" explique Gwënaelle Le Garrec, responsable marketing chez Triballat Noyal. "Nous ne pouvons pas facilement changer de lignes de production" renchérit Jacques Abedecaroux, directeur de la Laiterie d'Ambilly. Le premier choix concerne bien sûr le matériau : le verre bénéficie d'une image haut de gamme mais reste fragile, comme le carton qui évoque l'authenticité mais s'avère facilement déformable. Reste le plastique, plus proche des standards du marché mais le plus économique. Petite revue de détail parmi quelques opérateurs innovants du secteur du yaourt…

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