Lancé en 2004, ce programme européen est désormais entré dans sa 2e phase et est en passe d’atteindre son objectif ambitieux, à savoir une réduction de 50% du CO2 émis par la fabrication de l’acier, fait savoir l’Apeal -Association des producteurs européens d’acier pour emballage. Les émissions de CO2 par tonne d’acier brut produite sont actuellement 50% plus faibles qu’il y a 40 ans, une réduction spectaculaire de l’impact environnemental du secteur. Les meilleures aciéries fonctionnent désormais au plus proche des limites fixées par les technologies actuelles de production d’acier. Ce qui signifie que les producteurs d’acier ne disposent plus que d’une marge limitée afin d’améliorer plus avant leur efficacité énergétique. Les économies d’énergie les plus importantes étant déjà réalisées, plus aucune réduction supplémentaire de grande ampleur des émissions de CO2 n’est possible aujourd’hui en utilisant les technologies existantes. La nature même des réductions requises par les gouvernements et les organes internationaux exige d’inventer et de mettre en œuvre des technologies de production radicalement nouvelles. Ce qui explique qu’Uclos fasse partie d’un programme mondial de l’industrie de l’acier, le «CO2 Breakthrough Programme», mis sur pied pour identifier les technologies de production d’acier susceptibles de réduire de façon significative les émissions de CO2.

Les membres du programme ULCOS forment un consortium de 48 sociétés et organisations présentes dans 15 pays de l’Union, comprenant tous les principaux producteurs d’acier, partenaires énergétiques et d’ingéniérie, instituts de recherche et universités de l’UE. Il bénéficie en outre du soutien de la Commission Européenne. ULCOS représente jusqu’à présent le programme majeur réalisé au niveau mondial dans l’industrie de l’acier pour chercher des solutions pour lutter contre la menace d’un réchauffement global, souligne Apeal. L’expertise du consortium va de la fabrication d’acier à la production de biomasse et au stockage géologique de CO2, et englobe l’ingénierie des procédés, les économies d’énergie et des études prévisionnelles sur les changements climatiques.

ULCOS I, réalisé entre 2004 et 2010, a initié la recherche et l’évaluation des technologies afin de déterminer les plus à même d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 requises. ULCOS II, de 2010 à 2015, s’attelle maintenant à développer les quatre technologies les plus prometteuses, depuis le laboratoire jusqu’au développement d’une usine pilote et, finalement, l’implantation commerciale.
Ces quatre technologies sont :
• Le haut-fourneau ULCOS : un haut-fourneau de pointe recyclant le gaz, équipé d’une technologie de captage et de stockage du CO2.
• HISARNA avec captage et stockage de CO2.
• ULCORED – réduction directe avancée avec captage et stockage de CO2.
• ULCOLYSIS – électrolyse.

Ces technologies se trouvant à différents stades de développement, leurs dates de commercialisation varieront. Le haut-fourneau ULCOS, par exemple, est le plus avancé, mais son application dans une aciérie en fonction ne se fera pas avant 10 ans, vu l’importance des investissements nécessaires. Le projet HISARNA est une des alternatives à plus long terme de réduction des émissions de CO2 dans la fabrication d’acier. Cette technologie vise à exploiter un nouveau processus permettant de produire de l’acier liquide à partir de matériaux bruts vierges en une seule étape, supprimant ainsi deux des trois étapes de production requises dans la fabrication d’acier en haut fourneau. L’usine pilote est en cours de construction et devrait être terminée au début du mois de décembre 2010, après quoi un programme intense de tests sera réalisé à partir de janvier 2011. L’électrolyse, en revanche, est probablement plus éloignée dans le temps, vu que ces technologies requièrent une reconfiguration en profondeur des procédés des processus plus profonde de la production d’acier et le développement de nouveaux processus depuis la première étape.

ULCOS est engagé dans la construction d’une nouvelle usine pilote en Allemagne de 2010 à 2014 pour tester la technologie du haut¬fourneau ULCOS, qui recycle les gaz en captant et en stockant le carbone. Un autre site de démonstration sera installé en France, pour fonctionner à une échelle industrielle complète au cours de la période 2011-2015.

ULCOS I et II fonctionnent comme des partenariats publics/privés soutenus par la Commission Européenne dans le cadre de son plan de relance économique. Les investissements engagés (privés et publics) sont substantiels. L’industrie de l’acier consacre près de 800 millions d’euros rien que pour ces deux projets pilotes et le budget total pour les deux phases du programme s’élève à environ un milliard d’euros.

Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support