Les microfibrilles de cellulose (MFC) sont des fibres de bois de seulement 100 nanomètres d'épaisseur mais qui peuvent être très longues, et par conséquent adaptées pour servir d'élément de renforcement du plastique biodégradable.
La microfibrille est d'ores et déjà utilisée, grâce à sa résistance et sa transparence, pour feuiller le verre et ainsi éviter l'éclatement en morceaux d'une vitre lors d'un choc. Ces membranes de MFC se sont également révélées être imperméables aux gaz comme l'oxygène, ce qui permet par exemple une utilisation dans la protection des produits d'alimentation."La plupart des matières plastiques aujourd'hui sont fabriquées à base de produits pétroliers. L'utilisation des bioplastiques peut contribuer fortement au développement durable. L'objectif est de créer des matériaux et des emballages qui minimisent l'impact environnemental. De plus, les réserves de pétrole n'étant pas illimitées, il est primordial de trouver des matières premières alternatives", explique Aage Larsen, Directeur du projet. "Si nous pouvons démontrer que de bonnes alternatives aux produits dérivés du pétrole existent, cela peut aider à prendre des mesures efficaces rapidement. En pratique, les plastiques recyclés sont souvent de qualité inférieure à celle des matières premières originales, ce qui limite leur utilisation. Nous croyons que les MFC et les bioplastiques vont nous permettre de créer des produits recyclables de haute qualité", ajoute-t-il. INTEF travaille également sur les propriétés de barrière des matériaux pour l'utilisation comme emballage alimentaire, l'objectif étant d'utiliser les nanotechnologies pour obtenir une meilleure conservation de la nourriture en empêchant l'apport d'oxygène.

Le projet NanoBarrier, qui sera lancé en mars 2012 pour une durée de 4 ans, bénéficie d'un financement de 9,9 millions d'euros (dont 7,2 millions provenant de l'Union Européenne via le FP7) et compte jusqu'ici 15 participants : industriels, institutions de recherche et universités. L'UE, dans ses objectifs de santé de la population, souhaite faciliter l'accès aux poissons et crustacés pour le consommateur. Un emballage prolongeant la durée de conservation des aliments, tout en réduisant les déchets alimentaires, participerait de manière significative à ces objectifs. En Norvège, Borregaard, producteur de bioplastiques, est l'un des principaux acteurs du projet. "Les MFC sont une de nos principales activités de Recherche et Développement aujourd'hui. La participation à ce projet nous permettra d'acquérir des informations précieuses sur les propriétés de cette fibre spéciale. Nous sommes persuadés que nous pourrons bientôt utiliser les MFC dans plusieurs de nos nouveaux produits. Nous travaillons actuellement à adapter l'une de nos installations pilotes à Sarpsborg pour produire ce type de cellulose.", explique Hans Henrik Ovrebo, Responsable du Développement Technologique à Biorregaard.
Cet article est une rédaction conjointe du SINTEF et de la mission scientifique de l’Ambassade de France en Norvège



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