Texte AlternatifTexte AlternatifAvec l’expérimentation sur l’Affichage environnemental et le nouveau barème 2012 du Point vert, l’éco-design des packagings est entré dans une nouvelle phase. A en croire Jean-Philippe Chavatte, directeur général de l'agence de design Carré Noir. Selon lui, cette démarche n’a été, jusqu’à présent, que très partiellement mise en œuvre par les entreprises. Il parle même de «vide sidéral» côté offre des agences de design. Les interlocuteurs des marques sont soit des techniciens sans connaissance des marques, soit des théoriciens sans expertise design, dit-il. «Aujourd’hui, il faut réunir de véritables expertises pour mettre en œuvre concrètement et dans les faits l’éco-design». D’où l’annonce faite récemment par l’agence de design d’un partenariat avec le cabinet d’études spécialisé dans l’évaluation environnementale, BIO Intelligence Service, qui va «révolutionner cette approche».
Les deux acteurs se connaissent depuis cinq ans, ayant eu l’occasion de travailler ensemble sur des dossiers où l’approche environnementale était importante. «Nous avons eu le temps d’évaluer notre capacité à coopérer ensemble sur un projet. L’idée de ce partenariat est venue naturellement» précise le dg de Carré Noir. Un sondage réalisé fin 2011 auprès d’une centaine de sociétés agro-alimentaires (pour la majorité) clients et prospects de dimension européenne et internationale a suffi à conforter les deux partenaires dans le bien fondé de leur approche. «Si 100% des entreprises se sont dites intéressées par la démarche d’éco-conception, en revanche très peu ont pu citer une agence ou un acteur référent en matière d’éco-design» précise J.Ph Chavatte.
L’éco-design étant entendu dans son acception initiale, à savoir designer = concevoir, il s’agit de prendre en charge la chaîne de valeur d’un packaging, de l’amont à l’aval. Plus précisément, l’ensemble des paramètres et des structures d’une marque pour une gestion pertinente de toutes les étapes du process de l’élaboration d’un produit en termes de conception et d’impacts environnementaux. «Dans cette approche, nous apportons notre expertise dans le domaine de la conception» indique J.Ph. Chavatte, «et nous la nôtre dans le domaine environnemental, avec un réel savoir-faire dans l’évaluation de la performance environnementale en utilisant la méthode d’analyse de cycle de vie (ACV)» détaille Olivier Jan, directeur général adjoint de BIO Intelligence Service qui, rappelle-t-il, est pionnier en méthodologie d’études environnementales. La société a travaillé notamment avec Casino au premier affichage de l’Indice Carbone en juin 2008, puis à son évolution vers un indice environnemental dans le cadre de l’expérimentation nationale sur l’Affichage en 2011, et avec le Syndicat des Brasseurs de France à la détermination d’indicateurs communs pour les adhérents participant à l’expérimentation.

''L’approche réglementaire de la conception de l’emballage''
Elle ne constitue qu’un point d’ancrage a minima mais sa définition permet d’identifier les pistes. Ainsi, selon l’Article R543-44 modifié (1) par décret n°2011-828 du 11 juillet 2011 - art. 20, les emballages mentionnés à l'article R. 543-42 doivent satisfaire aux exigences essentielles portant sur sa fabrication et sa composition. L'emballage doit être conçu et fabriqué de manière :
a) à limiter son volume et sa masse au minimum nécessaire pour assurer un niveau suffisant de sécurité, d'hygiène et d'acceptabilité.
b) à permettre son réemploi ou sa valorisation, y compris sa préparation en vue de sa réutilisation ou son recyclage, et à réduire au minimum son incidence sur l'environnement lors de la gestion des déchets d'emballages ou des déchets d'opérations de traitement des déchets d'emballages.
c) à réduire au minimum la teneur en substances et matières nuisibles et autres substances dangereuses des matériaux d'emballage et de leurs éléments, dans les émissions, les cendres ou le lixiviat qui résultent de l'incinération ou du stockage des emballages ou des déchets d'opérations de traitement des déchets d'emballages.
Les exigences portent aussi sur le caractère réemployable ou valorisable d'un emballage.

(1) Extraits.

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