Carbios estime avoir procédé à une avancée majeure dans le développement de son procédé de dépolymérisation enzymatique des polyesters en le rendant applicable à l'un des polymères les plus utilisé, le PET (polyéthylène téréphtalate).

Ce procédé, dont la société est propriétaire, démontre pour la première fois la dépolymérisation de 100% de produits commerciaux à base de PET amorphe en leurs monomères d'origine, le TPA (acide téréphtalique) et l'EG (éthylène glycol). Cette dépolymérisation sélective, appliquée au PET, permet la régénération de monomères avec des qualités et des propriétés physico-chimiques équivalentes à ceux produits initialement à partir du pétrole.

Après séparation et purification, ces monomères issus du recyclage enzymatique, mis au point par Carbios, pourront être réutilisés pour la synthèse de PET vierge évitant ainsi une perte de valeur de la matière recyclée.
Cette innovation appliquée au PET, polyester parmi les plus courants du marché, ouvre la voie au recyclage à l'infini du PET contenu dans les matériaux plastiques. Ce résultat a été obtenu dans le cadre du projet Thanaplast menée avec les équipes toulousaines de l'INRA, de TWB et du laboratoire LISPB de l'INSA de Toulouse.

Le marché des plastiques PET, polyester d'origine fossile très largement utilisé par les industriels, représente une production mondiale de 21 millions de tonnes en 2014 avec un taux de croissance annuel de 4 à 5%, et pourrait ainsi atteindre plus de 26 millions de tonnes en 2020.

Ce thermoplastique est principalement utilisé pour la fabrication de bouteilles (69% des plastiques PET), suivi des films (14%), des emballages (10%) et autres applications.

Lorsqu’il est mise en œuvre par les technologies conventionnelles, le recyclage des déchets PET est sensible à la contamination par d'autres polymères et impuretés. Ce qui nécessite un tri sophistiqué en amont et des coûts élevés. Par ailleurs, les déchets complexes constitués de plusieurs polymères, dont du PET, ne peuvent pas être recyclés par les procédés traditionnels utilisés à l'heure actuelle, argumente Carbios.

Le biorecyclage Carbios du PET permettrait, assure la société, de traiter 100% des déchets en PET, ce qui représenterait un gisement supplémentaire de 1,4 million de tonnes en Europe. Un volume qui est actuellement incinéré ou bien enfoui, à défaut de pouvoir être recyclé, souligne la société.

Par ailleurs, le biorecyclage Carbios est un procédé de faible consommation en énergie qui permet une maîtrise, à long terme, du coût énergétique du procédé, affirme la société. «Ces nouvelles avancées vont nous permettre de poursuivre nos efforts pour engager le développement à l'échelle pilote du procédé de recyclage du PET et décliner notre technologie au recyclage d'autres polymères plastiques. Nous menons par ailleurs des discussions avec de nombreux acteurs de la filière de sorte à porter prochainement notre innovation à l'échelle industrielle» précise Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios.

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