Texte AlternatifCarole Fonta, directrice générale de l’Alliance Carton Nature-ACN :

«Cette hausse s’explique en partie par l’évolution des méthodes de calcul fixées dorénavant par le Ministère de l’Ecologie (la DGPR) avec une nouvelle règle d’équilibrage introduite pour gérer la concurrence, ainsi que par une évolution du soutien versé aux Collectivités locales pour la collecte et le tri des briques (qui passe de 234 à 300 EUR/tonne, soit +28%).

Nous avons pu constater également un décalage important entre les barèmes des deux éco-organismes agréés, CITEO et LEKO, écart qui se retrouve également pour plusieurs autres matériau (ndlr : voir ebonus du 12 octobre 17)… La hausse sur la brique, toute chose comparable, étant en effet comprise entre +23 à +32,3% avec le barème proposé par LEKO (validé également par les Pouvoirs Publics), soit un décalage de 7 points avec le barème de CITEO. Cet écart est lié au fait que les deux éco-organismes n’ont pas construit leurs barèmes selon les mêmes bases et en respectant les mêmes règles ; ce qui pose question puisque les règles établies par le Ministère (règle d’équilibrage et éco-modulations) ne peuvent qu’être uniques. C’est un vrai sentiment d’incompréhension qui domine face à ce constat !

Les fabricants de briques alimentaires sont intervenus à plusieurs reprises auprès de CITEO et des Pouvoirs publics pour dénoncer cette hausse irrationnelle et inacceptable pour notre secteur, qui évolue dans un marché très difficile depuis plusieurs années et qui représente une véritable distorsion de concurrence et de compétitivité au détriment des briques.

Comment expliquer en effet une telle hausse de contribution pour la brique, emballage vertueux, majoritairement constitué de matière renouvelable, très appréciée des consommateurs français et qui ne pose aucun problème de débouché structurel en matière de recyclage (son taux de recyclage est d’ailleurs en hausse continue grâce aux efforts mis en œuvre par la filière avec l’appui d’Eco-Emballages) ?

Dans une recherche permanente d’amélioration du taux de recyclage à coût optimisé, cette évolution soulève également la question du respect du principe fondamental d’équité entre matériaux dans la construction des barèmes de contribution, soulevé par plusieurs acteurs de la filière emballages.

Nous sommes en contact avec CITEO et les Pouvoirs Publics pour obtenir plus de précisions sur le décalage de contribution constaté sur 2018, même si aujourd’hui seul CITEO reste acteur de le REP Emballages ménagers. Nous avons également demandé dès à présent à ces acteurs de pouvoir engager une réflexion pour permettre de rétablir une juste contribution de la brique dans le cadre des discussions qui vont s’engager prochainement sur la construction du barème 2019» conclut C Fonta.

Rappelons que l’Alliance carton Nature-ACN, créée en 1990, est une association qui réunit les fabricants de briques alimentaires Tetra Pak, SIG Combibloc et Elopak. Elle a pour missions de «contribuer à l’amélioration du taux de recyclage de ces emballages, et promouvoir leurs atouts environnementaux».

Texte Alternatif

Le site d’ACN indique que les briques alimentaires sont composées en majorité de carton mais aussi de fines couches de plastique et d'aluminium qui assurent la sécurité alimentaire des produits emballés. Lors du recyclage, les briques sont placées dans une grande cuve remplie d’eau qui permet de séparer d’un côté les fibres de cellulose du carton, diluées dans l’eau, et de l’autre le mélange de polyéthylène et d’aluminium, récupéré par flottaison.

La pâte à papier est utilisée pour fabriquer de nouveaux produits (essuie-tout, papier-toilette, mouchoirs, emballages en carton...). Le mélange de polyèthylène et d’aluminium est transformé par agglomération et devient une nouvelle matière première, le PolyAl. Celui-ci est utilisé notamment pour fabriquer du mobilier écologique très résistant, indique l’ANC-Alliance Carton Nature.

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