Pour la première fois, les formations Emballage de France se sont réunies à Lyon, à l’initiative de l’Esepac et du réseau des IUT Packaging.
Plusieurs groupes d’étudiants ont présenté leurs projets industriels. «Les jeunes ont ainsi apprécié la diversité des problématiques et la méthodologie mise en œuvre pour aboutir à des solutions pertinentes».

Texte AlternatifDeux tables rondes, l’une sur les fonctionnalités Emballage et l’autre sur l’industrie 4.0, ont permis de faire le point sur ces évolutions qui touchent la filière Emballage. Nous présentons les deux synthèses rédigées par l’Esepac.

• TABLE RONDE SUR L’INDUSTRIE 4.0

Quels atouts pour l’ère 4.0 ? L’industrie 4.0 fait converger le monde virtuel, la production et la gestion numérique avec les produits manufacturés. Cette nouvelle organisation des moyens de production va entraîner une évolution des modes de passation des commandes. Ainsi, pourquoi ne pas imaginer que demain les clients lancent une demande de production auprès de ses fournisseurs depuis leur bureau ; comme ils pourront communiquer instantanément avec les machines durant les phases de réalisation. Les éléments d'une chaîne d’approvisionnement ou de production pourront échanger des flux d’informations, les analyser pour s'adapter, par exemple, aux opérations de maintenance, aux besoins d’un marché spécifique ou aux modifications souhaitées.
De nouveaux enjeux économiques émergent grâce à ce nouveau mode de production : flexibilité des outils de production, personnalisation des produits, accélération des processus, plus grand volume et meilleure fiabilité des informations échangées, en interne comme avec l’extérieur. L’industrie 4.0 mettra en relation directe besoins et ressources, de manière efficiente, grâce à des réseaux virtuels. Elle garantira également une meilleure sécurité tant des usines que des salariés. Elle devient donc incontournable et abordable, y compris pour les PME. Les nouvelles générations vont insuffler ce changement dans les entreprises et faire évoluer les mentalités. Ce nouveau mode de management, plus collaboratif et plus efficace, implique un engagement des équipes dirigeantes sur la nécessité de mettre en place des plans de formation au sein de leur entreprise et donc de dégager les investissements nécessaires pour accélérer l’adaptation des salariés à ces nouveaux outils de gestion et de production 4.0.

L’industrie 4.0, l’emballage et le respect de l’environnement. Les nouvelles générations se disent sensibles à l’éco-conception. C’est d’ailleurs une des motivations qui les conduit à rejoindre le secteur du packaging. Au service de l’industrie, l’intelligence 4.0 devrait contribuer à concevoir des emballages qui respectent l’environnement. L’intelligence 4.0 devrait faciliter la mise au point de nouveaux matériaux, la réalisation de simulations numériques sans nécessairement les concrétiser, l’élimination de l’emballage superflu et l’optimisation de la production et de la logistique. Cette conception vertueuse de l’emballage tout au long de sa chaine d’élaboration entraînera une économie des ressources et de l’énergie. La compétitivité, la flexibilité, mais aussi le respect de l’individu et de l’environnement seront ainsi améliorés. Mais le développement durable reste une démarche à part entière, l’industrie numérique vient en point d’appui dans sa mise en œuvre.

Industrie 4.0, facteur d’attractivité des jeunes pour la filière Packaging ? Incontestablement, la jeune génération intègre sans effort les outils informatiques et numériques. La réalité augmentée les attire, l’interactivité des réseaux n’a plus de secret pour eux. Mais les nouvelles générations veulent aussi réfléchir à la place de l’homme dans ce nouvel environnement de communication digitale et s’intéressent à la qualité des échanges entre collaborateurs au sein de l’entreprise. Passion et plaisir restent les moteurs de ces jeune génération qui s’intéresse à l’industrie et à l’emballage. Des motivations qui dans l’ère du 4.0, comme cela fut également le cas dans les étapes évolutives précédentes de l’industrie permettront aux packageurs de se réaliser, à l’industrie de se révéler et de progresser vers de nouvelles découvertes. L’industrie 4.0 n’est qu’un outil ; les valeurs humaines sont essentielles et il est vital de «placer l’humain au cœur des entreprises».

Texte Alternatif• TABLE RONDE SUR DES FONCTIONNALITES EMBALLAGE

Si l’exercice technique est simple, les fonctionnalités de l’emballage étant identifiées, des remarques pertinentes exprimées par des participants dans la salle vont faire évoluer le débat sur l’impact de l’emballage dans les années à venir.
Gaspillage alimentaire. Décrété «cause nationale», l’emballage, souvent qualifié de déchet devient un levier de lutte contre ce gaspillage, tout en rappelant que l’emballage ménager représente 1% des déchets.
Face à l’évolution des mentalités et des attentes du consommateur, l’emballage devra aussi répondre à des contraintes très variées :
- s’adapter à tous les consommateurs, sans exclure certaines populations spécifiques (malvoyants, personnes âgées …), dans sa fonction «usage».
- trouver sa place dans le e-commerce qui nécessite à la fois une protection optimum du produit au cours du transport d’un point A à une point B et une dimension marketing pour assurer le désormais célèbre «effet Whaouh» à l’ouverture. Le vieil adage «L‘emballage protège ce qu’il vend et vend ce qu’il protège» reste bien d’actualité !
- évoluer dans la forêt réglementaire qui s’étoffe au fil des marchés, et identifier les responsabilités de tous les acteurs de la chaîne et inciter à une gestion globale.
Jean-Claude Jammet (Albéa) souligne la double contrainte qui pèse sur les fournisseurs d’emballage : ils doivent répondre aux attentes spécifiques du client mais aussi à la réglementation. Ainsi, 100% des emballages plastiques devront être recyclables en 2025 ; pour cela, la filière de collecte, de tri et de recyclage doit répondre à d’énormes enjeux.
- proposer des emballages compatibles avec de nouvelles formulations (par exemple les cosmétiques sans conservateurs), en écartant toute rétro-contamination, et tout en restant en prise avec les réalités économiques industrielles.

Pour Bruno Siri du Conseil National de l’Emballage (CNE), «le cumul de contraintes de plus en en plus fortes est un vecteur d’évolution de l’emballage» ; les challenges ont toujours engendré de la motivation et des répercussions positives. Francis Vaujany (Alpes Packaging) appuie ce constat : «Dans la contrainte, c’est là où nous sommes les meilleurs ! Il faut toujours fonctionner en mode «Push» ; cela permet aussi d’innover, d’imaginer de nouveaux débouchés en interagissant avec d’autres domaines d’activité».

Pour sa part, Thierry Chevallot (Smurfit Kappa) souligne la prise de conscience écologique forte du grand public, que son entreprise a anticipé depuis plus de 30 ans. En tant qu’industriel mais aussi en tant que consommateur, il s’estime responsable : être force de proposition, apprendre à ne plus transporter du vide, aller vers l’emballage mono-matériau...

S’il fallait qualifier le domaine de l’emballage par un mot, Pluridisciplinarité pourrait être son attribut.

Les industriels présents à la 1er Biennale Packaging ont tous empruntés des chemins différents avant d’accéder et de s’engager dans le secteur de l’emballage; tous sont d’accord pour dire que ce domaine est en constante évolution et que a passion du défi au quotidien les anime. La jeune génération les rejoint sur ce constat, avec d’une part la recherche d’une vie privée épanouie et d‘autre part, celle d’un rôle sociétal responsable.

Texte AlternatifGageons que cette 1ère Biennale Packaging, placée sous le signe du partage et de la convivialité entre étudiants et entreprises, va doper une motivation réciproque à faire connaître les formations et les métiers du Packaging. Le pari est lancé…

La 2è Biennale Emballage est d’ores et déjà programmée et se tiendra en 2019.

La 1er Biennale Emballage a réuni plusieurs professionnelles et organisations professionnelles parmi lesquelles Isabelle Margain - AFIFOR (Association pour les formations de l’inter-secteur papiers cartons) ; Bruno Siri - CNE ; Thierry Chevallot - Smurfit Kappa ; Jean-Claude Jammet - Albea ; Francis Vaujany - Alpes Packaging ; Cyril Roze - Stic Image ; Sara Lapillonne-Hecquet - Eriva Recrutement RH ; Nathalie Simon - Granit RH ; Christian Brunbrouck - IUT Reims ; le CNE (Conseil National de l’Emballage), l’UNFEA (Union Nationale des Fabricants d’Etiquettes) et la FFCP (Fédération Française du Cartonnage et des Articles de Papeterie).

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