Texte AlternatifVotre mission est de récupérer les médicaments non utilisés que rapportent les patients à leur pharmacie. Quel constat peut-on tirer de ces collectes ?
Thierry Moreau Defarges : Nous avons maintenu notre performance en 2017, avec 63% des médicaments issus des ménages qui ont été récupérés. Sur un gisement de 17 600 tonnes en France, 15 168 tonnes de médicaments non utilisés ont été collectés par Cyclamed, dont 1 401 tonnes de cartons et 2 684 tonnes d’autres produits de parapharmacie, de dispositifs médicaux, de médicaments vétérinaires…Un chiffre en baisse par rapport à 2016, qui s’explique par la diminution du poids de l’armoire à pharmacie des Français. Alors que notre population se développe, la consommation pharmaceutique ne cesse de baisser. Nous sommes passés de plus de 52 boîtes de médicaments par an et par habitant en 2005 à environ 42 boîtes en 2017.

Que deviennent les médicaments une fois rassemblés ?
Th. Moreau Defarges : Depuis le 1er janvier 2009, les médicaments sont valorisés énergétiquement. Auparavant, une partie des médicaments non périmés pouvait être envoyée à des fins humanitaires en France pour le Quart-Monde ou à l’étranger. De la pharmacie, ils sont aujourd’hui transportés chez les grossistes répartiteurs puis envoyés dans 52 unités de valorisation énergétique qui produisent de l’électricité et de la chaleur. La valorisation énergétique de ces MNU permet d’éclairer et de chauffer l’équivalent de 7 000 à 8000 logements tout au long de l’année.

Nous demandons aux particuliers de rapporter en pharmacie les médicaments et leurs emballages qui sont en contact direct avec la substance active. Les boîtes en carton et les notices en papier, elles sont censées être triées au préalable par le patient pour les mettre dans le tri séléctif. Si ce n’est pas le cas, le tout est envoyé en valorisation énergétique car nous n’avons pas les moyens de faire le tri nous-même.

La vente à l’unité est-elle un moyen de limiter le gaspillage des médicaments ?
Th. Moreau Defarges : Je ne pense pas que la vente à l’unité soit pertinente. L’expérience menée par l’Inserm à la demande des pouvoirs publics reposait sur 75 pharmacies (sur 22 000 officines en France). Elle n’est pas représentative puisque les patients et les pharmacies étaient volontaires. La vente à l’unité pourrait se justifier pour les antibiotiques, car la posologie et la durée des traitements changent fréquemment, mais les conditionnements sont satisfaisants pour beaucoup de traitements. Pour éviter le gâchis, je conseillerais la prescription à la semaine car les mois varient entre 28 et 31 jours. Une solution particulièrement adaptée aux maladies chroniques.

Extrait de la revue n° 632 - Octobre 2018. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support