Texte AlternatifTrois Millenials européens sur quatre préfèrent le verre, notamment pour son aptitude à préserver la qualité de la fragrance et ses propriétés environnementales, selon une étude (1) de la Feve, la Fédération européenne du Verre d’emballage, qui a été présentée au dernier salon PCD.

Mais si le verre est recyclable à l’infini, les flacons et pots du secteur de la parfumerie/cosmétique - lorsqu’ils sont décorés - ne sont pas tous forcément recyclables dès lors qu’ils ont reçu un décor opaque (certains laquages, métallisation…). «Un verre opaque est un frein à la recyclabilité» avertit la Fédération. Pour être recyclé, il doit être translucide et laisser passer la lumière. A date, les capteurs optiques ne sont pas capables d’identifier le matériau qui, précisément, ne laisse pas passer la lumière. La Feve et Verescence travaillent sur cette problématique.

Considéré comme le matériau éco-friendly par excellence, certains verriers proposent des verres intégrant une part de recyclé post-consommation, initiative qui réduit le bilan carbone des flacons et contribue à valoriser les déchets… Mais examinons les chiffres (en grandes masses), tempère Gérald Martines -in-signes. «Pour un flacon, le bilan carbone typique réside à 30% dans les matériaux constitutifs du verre et à 70% dans l’énergie pour amener le verre en fusion, dit-il. Une part de PCR ne change pas le besoin en énergie pour sa transformation. Il est aujourd’hui techniquement difficile de dépasser le seuil d’environ 20% de verre PCR, sans dégrader les qualités optiques du verre et sans qu’il devienne impropre à répondre aux critères des marques de luxe. On pourra donc espérer une réduction du bilan carbone de l’ordre de 20% x 30%, soit 6% au mieux».

Selon le fondateur de la société de consulting strategy marketing et innovation, les verriers équipés de fours électriques peuvent aussi agir sur les 70% de part énergétique en s’approvisionnant en électricité verte. «Mais verte ou noire, c'est beaucoup d’énergie qui part en décharge ou en recyclage à la fin de l’utilisation unique (majorité des cas) du flacon. Et de fait, peu de marques encore choisissent d’utiliser ces verres partiellement PCR» regrette G. Martines.

(1) Menée en ligne en octobre 2018, l’étude commandée par la FEVE a été réalisée par InSites Consulting, auprès de consommateurs âgés de 18 à 34 ans (75% de femmes et 25% d’hommes) en France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni. 2030 réponses ont été collectées.

Extrait de la revue n° 636 - Mars 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support