Alors que le dispositif présent de consigne en Allemagne s’inscrit comme source d’inspiration pour le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, Jean-Philippe Carpentier et Jean-Luc Petithuguenin, respectivement président et vice-président de la Federec, estiment qu’il s’agirait pour les Français d’une « double peine financière, sans impact environnemental significatif ». Ils appellent de leurs vœux à davantage poursuivre la simplification des gestes de tri, et laisser le temps de son extension partout sur le territoire français. La Federec poursuit, et dénonce le manque d’ambition du Gouvernement, qui « choisit de tuer dans l’œuf un système en pleine transformation, basé sur la collecte en porte à porte et le geste citoyen ».

Jean-Luc Petithuguenin, vice-président de la Federec, estime qu’un retour à la « consigne » ne serait pas la solution au problème des déchets sauvages et océaniques, puisque déjà plus de 98% des bouteilles en plastiques sont collectées. La consigne, ne prenant pas en charge, les autres déchets plastiques (pots de yaourts, barquettes…). Il pointe également du doigt le système de bon d’achat restitué au consommateur lors du retour de la bouteille, l’obligeant à se rendre en grandes surfaces, seuls points de vente qui seront équipés pour les recevoir. De ce fait, « la consigne affaiblira le commerce artisanal de proximité. Elle rendra les Français captifs des grandes surfaces détentrices des machines », déclare la Federec.

Texte Alternatif

Une autre alternative
Des mots forts donc, pour une colère tout aussi intense. Mais cette désapprobation massive s’est suivie d’une proposition de la part de la fédération, qui souhaiterait aller plus loin dans la refonte du système de tri. Alors que d’ici à 2022, l’ensemble de l’Hexagone pourra jeter ses emballages plastiques dans sa poubelle jaune, la Federec propose un tri « plus simple et plus clair » : tout dans le bac jaune, sauf les déchets humides. Concrètement, cela se matérialiserait par quatre flux pour les ménages :
• Le tri des biodéchets ;
• Le tri des déchets humides sales : via un bac gris (couches, lingettes, cotons-tiges, litière...) ;
• Le tri des déchets valorisables : via un bac jaune, au contenu élargi à tous les déchets secs non dangereux (et hors encombrants), comprenant l’ensemble des déchets plastiques ;
• Le tri du verre en conteneur : comme le système actuel.

Selon la Federec, la robotisation des centres de tri permettrait d’ores et déjà de différencier les matériaux dans un même flux, et rendrait donc cette alternative faisable. C’est le cas à Châteauroux (Indre), où un tel système a été mis en place depuis 2015, avec un taux de recyclage de 90%. Pour le syndicat, cette solution permettrait de clarifier drastiquement le geste de tri pour tous les citoyens, de capter 100% du gisement de plastique dans un bac jaune unique, de mieux valoriser les biodéchets, de réduire les taux d’incinération et d’enfouissement, mais aussi de pérenniser les investissements lourds déjà réalisés par les collectivités pour leurs centres de tri.
En somme, la Federec condamne la rémunération systématique, un système de récompense, voire de fidélité vers les grandes enseignes de GMS, et l’abandon progressif du geste citoyen, celui qui fait que l’Homme agit par conscience et non pas par intérêt…
Benjamin Attal

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