Texte Alternatif«L’idĂ©e Ă©tait de sĂ©parer distinctement nos deux activitĂ©s, celle - historique - de la maquette numĂ©rique, qui restera sur le site MR1 de celle de la production industrielle qui sera dĂ©sormais entièrement gĂ©rĂ©e Ă  MR2», explique Jonathan Mihy, son dirigeant (photo). CoĂ»t de l’investissement : 2 M€. Sur 2800 m², le nouveau bâtiment abrite dĂ©sormais, au sein de salles Ă  la tempĂ©rature et humiditĂ© contrĂ´lĂ©es, la HP Indigo 30 000 dĂ©mĂ©nagĂ©e pour l’occasion du site MR1, associĂ©e Ă  une TRESU iCoat 30 000 pour un vernis double passage (acrylique et UV) en ligne. En complĂ©ment de ce « monstre » numĂ©rique, MR2 accueille des outils plus classiques de façonnage (gaufrage, dĂ©coupe, dĂ©corticage et dorure). Autant de techniques que la sociĂ©tĂ© sait parfaitement bien maĂ®triser et coupler Ă  l’impression numĂ©rique. Avec ce nouvel outil, la sociĂ©tĂ© passe d’une capacitĂ© de production actuelle de 7 millions d’étuis Ă  un potentiel de 50 000 millions d’étuis par an.

Un signal fort pour la PME, soutenue par sa désormais maison mère DIAM Group - M&R Cartonnage Numérique ayant été racheté en 2017 - celui de donner un coup d’accélérateur à l’impression numérique pour grandes séries. «L’impression multichromie est bien adaptée à la personnalisation des produits et aux commandes multi-références qui ont explosé ces derniers temps en cosmétique, tirées par la mode des influenceuses. Et plus particulièrement aux produits de maquillage, déclinés de 20 à 70 teintes selon les marques. La technique pourrait aussi trouver une place intéressante pour de l’alimentaire haut-de-gamme», commente Jonathan Mihy.

Texte AlternatifOutre la possibilitĂ© de gĂ©rer un large Ă©ventail coloriel, la technologie est Ă©galement plus flexible et durable. LĂ  oĂą 200 Ă  500 gâches de rĂ©glage sont nĂ©cessaires en offset, l’impression numĂ©rique n’aura besoin que de 3 Ă  20 feuilles au maximum, sans faire appel Ă  un système de mouillage. Autres avantages : travailler sans minimum ou maximum de commandes, sur un seul format de feuille (ici le papier couchĂ© Invercot d’Iggesund), et avec des encres liquides compostables depuis fin 2018 chez HP, ce qui facilite le recyclage des emballages. «Si l’impression numĂ©rique Ă©tait jugĂ©e trop coĂ»teuse, les plus grands noms de la cosmĂ©tique y rĂ©flĂ©chissent dĂ©sormais sĂ©rieusement. Car elle permet, en plus de produire les justes quantitĂ©s en flux tendus selon les besoins du marchĂ©, de rĂ©duire les coĂ»ts de l’obsolescence. Selon le groupe DIAM, 30 Ă  35% des PLV fabriquĂ©es ne seraient jamais utilisĂ©es en points de vente…», indique Jonathan Mihy.

M&R Cartonnage Numérique change clairement d’échelle. Et pour accompagner cette transition, le site MR2 sera doté d’un laboratoire de contrôle qualité. Un point essentiel pour répondre aux cahiers des charges exigeants des grands groupes de la beauté. La société se veut aussi offensive sur le plan commercial avec son nouveau service «One Week», qui promet un délai de 5 à 7 jours entre la prise de la commande et la livraison. Une chasse au temps perdu qu’elle avait déjà initiée, il y a plus d’un an, avec la création de M&R Artworks. «Aujourd’hui, seuls 15% de nos clients utilisent notre agence interne pour la pré-PAO de leurs maquettes. Un taux que nous voulons voir progresser, car c’est l’étape qui, aujourd’hui, consomme le plus de temps», constate Jonathan Mihy.

Le dirigeant ne compte pas en rester lĂ . Prochaine Ă©tape : partir Ă  l’assaut du continent amĂ©ricain, sous la bĂ©nĂ©diction de DIAM Group. Un 2e site de maquette d’impression numĂ©rique verra le jour Ă  Melville (Long Island, US) sur le site de DIAM Pack US d’ici la fin 2019. Avec comme objectif : celui de moderniser et professionnaliser le monde de la maquette, aujourd’hui monopole des artisans et agences de design aux Etats-Unis.

Extrait de la revue n° 639 - Juin 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support