Les Ă©tuyeuses – Ă©galement appelĂ©es encartoneuses – rĂ©alisent en principe une tache simple : elles permettent la mise du produit dans un Ă©tui en carton. Dans les filières de la parfumerie et de la cosmĂ©tique, cette opĂ©ration est pourtant rendue dĂ©licate par la montĂ©e en puissance du phĂ©nomène de multi-rĂ©fĂ©rences, provoquĂ©e par la rĂ©cente multiplication des marques crĂ©Ă©es par des «influenceuses». ConsĂ©quence : de nombreuses productions en petites sĂ©ries qui aboutissent Ă  d’incessants changements de format. «Il peut y avoir jusqu’à quatre ou cinq par jour dans la cosmĂ©tique et la parfumerie», note Alessandro Veronesi, assistant technique du fabricant italien V2 Engineering.

Pour Jean-François MĂ©riot, gĂ©rant de la sociĂ©tĂ© ADMC, distributeur en France des Ă©tuyeuses du fabricant allemand UET, cette rĂ©alitĂ© n’est toutefois pas nouvelle : «il y a toujours eu un besoin de flexibilitĂ© et de rĂ©activitĂ© en raison de la pĂ©riode de vie très courte de certains produits dans les secteurs de la cosmĂ©tique et de la parfumerie». M.T. Kabrit, ingĂ©nieur technico-commercial chez Campak France, filiale du constructeur italien, nuance ce constat : «le phĂ©nomène de multi-rĂ©fĂ©rences n’est pas une nouveautĂ©. La seule diffĂ©rence est que, depuis quelques annĂ©es, mĂŞme les grands clients demandent de la flexibilitĂ©. Auparavant, ils achetaient une ligne d’emballage pour un produit et la notion de changement de format n’était pas un critère important, au contraire des façonniers. Ce n’est plus le cas».

Texte AlternatifDĂ©mocratisation des solutions robotiques
NouveautĂ© ou pas, le dĂ©fi est en tout cas toujours lĂ  et la principale difficultĂ© va se concentrer sur l’introduction dans l’étui de produits aux contours toujours renouvelĂ©s. «Les demandes des services marketing pour des flacons de parfum aux formes extravagantes sont sans limite. En cosmĂ©tique, mĂŞme les fabricants de pots de crème de luxe rĂ©clament des designs plus raisonnables. De plus, les Ă©tuis sont toujours standards», note toutefois M.T. Kabrit. Pour parvenir Ă  rĂ©ussir au mieux cette tache rendue plus difficile par la tendance Ă  la multi-rĂ©fĂ©rence, deux «écoles» s’opposent : l’humain vs. la robotique. Jean-François MĂ©riot (ADMC) revient sur ce distinguo : «sur de nombreuses applications en parfumerie, l’introduction du flacon dans l’étui est manuelle, c’est-Ă -dire faite par un opĂ©rateur. Il est en effet compliquĂ© de rĂ©aliser une machine avec un robot qui effectue cette opĂ©ration lorsqu’il y a beaucoup de formats diffĂ©rents. Les changements sur une gamme de pots ou de tubes cosmĂ©tiques sont beaucoup moins compliquĂ©s car la forme des produits est plus standardisĂ©e et l’introduction dans l’étui s’automatise très facilement. Les Ă©tuyeuses d’UET, qui sont toutes verticales pour plus de compacitĂ©, ne sont pas faites pour des cadences Ă©levĂ©es et tournent autour de 50 Ă©tuis/mn maximum avec un fonctionnement automatique. En manuel, la cadence dĂ©pendra de l’état de fatigue de l’opĂ©rateur, mais elle sera moins Ă©levĂ©e».

Extrait de la revue n° 640 - Juillet/Août 2019. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support