Avec 19 000 emplois directs, l’Hexagone enregistre un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros pour un tonnage de 4,1 millions par an, se plaçant derrière l’Allemagne et l’Italie sur le marchĂ© europĂ©en. Fleuron de ce secteur, la rĂ©gion Auvergne-RhĂ´ne-Alpes se veut la vitrine de ce savoir-faire, accueillant sept des 26 verreries nationales. Si ces dernières dĂ©cennies ont vu reculer les capacitĂ©s de production de l’industrie face Ă  la filière du plastique prĂ©dominante, la donne change progressivement dans un contexte de « plastic bashing ».

Texte Alternatif« Aujourd’hui, les verreries europĂ©ennes sont toutes saturĂ©es. Les investissements reprennent avec la construction de nouvelles installations et l’ouverture de fours, notamment Ă©lectriques (N.D.L.R : Ă  l’instar d’O-I Ă  Gironcourt-sur-Vraine dans les Vosges Ă  hauteur de 60 M€ ou encore de Verralia Ă  Lagnieu) », note Jean-Luc Logel, prĂ©sident d’IRIS Inspection Machine et prĂ©sident du Phoenix Award Committee.

Une meilleure orientation du marchĂ© que Jacques Bordat, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration des chambres syndicales de l’industrie du verre explique Ă©galement par : « une stratĂ©gie d’innovation qui a Ă©tĂ© continue depuis des annĂ©es : les outils ont gagnĂ© en flexibilitĂ© et les industriels ont tous travaillĂ© de concert Ă  l’allĂ©gement du verre. Dans un contexte d’éco-conception, le matĂ©riau suscite Ă  nouveau l’intĂ©rĂŞt des marques, comme c’est le cas pour le secteur cosmĂ©tique. Force est de constater que le verre s’intègre mieux dans un « Â« mix produits » que nos clients ne cessent de revisiter pour rĂ©pondre aux attentes de leurs consommateurs ».

L’industrie agro-alimentaire avec le marchĂ© des vins & spiritueux reste le principal consommateur de contenants en verre creux, tirĂ© ces derniers temps par la belle croissance du marchĂ© de la bière (+5% par an en volume en 2017 et 2018). Et les relais de croissance ne manquent pas selon la FĂ©dĂ©ration : « aujourd’hui, le verre pourrait trouver sa place sur le marchĂ© dynamique des plats Ă  consommer (avec des bocaux ou des verrines), pour se substituer aux barquettes en PET par exemple ».

Les acteurs de la filière aiment à rappeler que le verre est le seul matériau 100% recyclable à l’infini. Affichant le meilleur taux de recyclage (86 % selon CITEO et 78% selon l’ADEME, selon les méthodes de calcul) grâce à un réseau de 14 centres de traitement du verre répartis sur l’ensemble du territoire français.

« Notre objectif est clairement d’amĂ©liorer le taux de collecte du verre qui reste infĂ©rieur dans les grandes villes mais Ă©galement auprès de la restauration collective pour atteindre les 90% d’ici 2025. Des initiatives comme l’installation de 1000 stations Trilib’ va permettre de booster ce taux de collecte et soutenir l’extension des consignes tri d’ici 2022 », explique Jacques Bordat. Si la verrerie de luxe comme celle de la parfumerie n’utilise qu’environ 10% de verre recyclĂ© pour des questions de qualitĂ© du verre et d’inclusion, le verre de grande consommation en intègre de 60 Ă  85%. Un cercle vertueux dont le point faible reste finalement la première production, Ă©tape la plus consommatrice en Ă©nergie. La transition vers des fours Ă©lectriques et le passage futur Ă  des Ă©nergies dĂ©carbonnĂ©es (Ă©lectricitĂ©, hydrogène) sont autant de voies que dessinent les industriels pour rĂ©duire le bilan carbone du verre. Afin de le rendre encore plus compĂ©titif face au plastique ou au carton.

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