Texte AlternatifAinsi, les filières bois, dĂ©chets organiques ou encore solvants ont connu une embellie qui ne devraient pas se dĂ©mentir sur 2019 ; les filières plastiques, papiers-cartons, mĂ©taux ferreux et non-ferreux ont Ă©tĂ© particulièrement chahutĂ©es. Le chiffre d'affaires, sans surprise, se fait l’écho de cette dualitĂ©, en se stabilisant Ă  9 Mds €.

Les investissements dans les outils de production et les matĂ©riels de collecte n’ont pas pourtant diminuĂ©, au contraire. « Les entreprises prennent conscience de la nĂ©cessitĂ© de s’adapter aux dĂ©fis Ă  venir et de moderniser leurs Ă©quipements, en investissant Ă  hauteur de 568 millions d'euros, une hausse de 9% qui reprĂ©sente 6,3 % du CA global ! », confirme Jean-Philippe Carpentier, prĂ©sident de FEDEREC. Ă€ noter que 56 % Ă©taient dĂ©diĂ©s au renouvellement de leur parc de machines et Ă  l'achat et/ou l'agrandissement de locaux. Dans la lignĂ©e de 2017, le secteur du recyclage continue de se structurer et de se concentrer. Et le secteur a connu une progression de l’emploi de + 1,6% par rapport Ă  2017, Ă  rapprocher des 2% de croissance des tonnages collectĂ©s, les filières du recyclage continuent d’être des bassins d’opportunitĂ©s. Une progression qui se rĂ©percute sur l’ensemble du territoire, mais de manière plus accentuĂ©e dans certaines rĂ©gions comme la Bretagne ou la Nouvelle-Aquitaine. Ă€ fin 2018, les filières du recyclage comptaient 28 810 salariĂ©s, dont 85% de CDI.

Papiers-cartons et plastiques dans la tourmente
Malmenées par la décision de la Chine d’augmenter ses standards qualité pour les matières premières issues du recyclage venant de l’étranger, et plus largement par la complication des marchés nationaux et internationaux, les entreprises ont dû faire face à plusieurs grandes difficultés, principalement au cours du second semestre 2018. Le tout, avec des répercussions sans précédent et très disparates selon les filières. Ainsi, à titre d'exemples :

• La filière papiers-cartons, dans une situation préoccupante, voire catastrophique au niveau européen, est le symbole même de cette difficulté. Alors que le tonnage de papiers-cartons triés et revendu a chuté de 4,6 % par rapport à l’année précédente avec 6,96 Mt collectées. Fait nouveau, la baisse affecte également l’activité de recyclage des cartons (-4,1 % avec 4,7 Mt de cartons collectés et triés).

• Dans la tourmente depuis 2017, les objectifs européens et des décisions nationales courant 2018, durcissent la situation de la filière plastiques, déjà extrêmement tendue. Malgré tout, les industriels du secteur réussissent à s’adapter en réorientant leurs flux, en améliorant le tri, mais aussi en investissant dans des outils de tri ou de régénération.

Les difficultĂ©s rencontrĂ©es pendant l’annĂ©e 2018 ne font que confirmer les craintes de la profession pour l’annĂ©e Ă  venir. Les entreprises anticipent ainsi une contraction de l’activitĂ© et s’attendent Ă  des jours plus sombres ; seulement 50 % des interrogĂ©es pensent que l’annĂ©e 2019 sera positive pour le secteur.

« Notre principale volontĂ© est de valoriser les dĂ©chets, de vĂ©ritables ressources pour une Ă©conomie plus vertueuse. Le projet de Loi Économie Circulaire, doit d’ailleurs fournir des rĂ©ponses et apporter de nouveaux dĂ©fis que nous serons impatients de relever, comme les REP (BTP, bricolage, jouet) ou les Certificats d’Incorporation Matière », conclut Jean-Philippe Carpentier.

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