Car outre les graves consĂ©quences sanitaires qu’il engendre, le Covid-19 a Ă©galement un impact Ă©conomique non nĂ©gligeable. Baisse de chiffre d’affaires et retard d’approvisionnement et de livraison sont Ă  craindre, consĂ©quences du gel dĂ©crĂ©tĂ© par la Chine sur son industrie depuis plus d’un mois. «L’état de cas de force majeure permet Ă  nos industriels de s’exonĂ©rer d’une certaine forme de responsabilitĂ©, et des pĂ©nalitĂ©s financières liĂ©es Ă  ces retards», explique Laurence Fauque, dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale de la FICIME. Sur le secteur plus prĂ©cisĂ©ment des machines d’emballage, la situation est d’autant plus critique que les principaux fabricants sont basĂ©s en Italie, premier pays touchĂ© par le virus en Europe. RĂ©sultat : confinĂ©s, les techniciens italiens ne peuvent plus se rendre chez leurs clients pour l’installation ou la maintenance des outils de production. L’industrie pharmaceutique serait le premier secteur ainsi impactĂ©. Pour y palier, des constructeurs comme Marchesini ont annoncĂ© par courrier Ă  leurs clients le dĂ©ploiement – dès lors que cela est possible – de vidĂ©oconfĂ©rences et d’assistance Ă  distance pour continuer Ă  accompagner leurs clients. Pour soutenir ses 417 entreprises adhĂ©rentes, la FICIME, Ă  laquelle est affiliĂ© le Secimep, a de son cĂ´tĂ© mis en place une cellule de crise. Avec comme principal objectif de trouver d’autres fournisseurs en alternative Ă  leur sourcing chinois.

Vitrines de la profession, plusieurs salons (Luxe Pack Shanghai, Cosmoprof Bologne, CphI Japon, etc.) ont également annoncé le report de leurs événements à des dates ultérieures, accentuant encore un peu plus le flou et l’incertitude qu’engendre cette crise sanitaire. Car si celle-ci sera très certainement qu’un mauvais souvenir d’ici quelques mois à l’instar du Sras en 2003, elle n’en remet pas moins en question les conséquences de la mondialisation. La FICIME convenait ainsi sur BFM TV que «le coronavirus stigmatise un état de dépendance certain vis-à-vis de la Chine». Il est certes compliqué de changer tout un modèle économique. Mais le coronavirus doit obliger les industriels à revoir leur façon du faire du business et réenvisager des approvisionnements plus locaux lorsque cela est possible. Quitte à avoir un coût de revient plus cher. Une vision locavore et un Made in France / Made in Europe – à l’empreinte carbone réduite – que les consommateurs seraient d’ailleurs prêts à payer. Dans un récent sondage mené par Smurfit Kappa en partenariat avec You Gov, les français interrogés se disaient ouverts à une hausse de 22 centimes du prix de leur emballage (48 centimes pour les 18/24 ans), si celui-ci se faisait plus vertueux sur le plan environnemental. A méditer…

Extrait de la revue n° 645 - Février 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support