En effet, le calendrier de publication des textes d’application de la loi anti-gaspillage et pour l’économie circulaire (AGEC), même s’il a été jugé trop serré par un grand nombre de fédérations professionnelles, est globalement maintenu, avec l’espoir pour le Ministère de l’écologie, de boucler le chantier pour la fin d’année. Un manque de flexibilité des autorités pointé du doigt et qui impose de délais très courts pour l’organisation des consultations des parties prenantes et du grand public.

Dans ce contexte, l’on voit s'accĂ©lĂ©rer, après deux mois de silence radio imposĂ© par le confinement, les effets d’annonce de grands groupes quant au lancement d’emballages plus «éco-responsables». En cosmĂ©tique, L’OrĂ©al dĂ©voile son premier tube carton de lait solaire pour sa marque La Roche Posay, quelques semaines avant de dĂ©voiler «L’OrĂ©al pour le futur». Un nouveau programme de dĂ©veloppement durable ambitieux, dans lequel le groupe s'engage Ă  basculer d'ici 2030 l'ensemble de ses emballages plastiques sur une origine recyclĂ©e ou biosourcĂ©e. En grande surface, Leclerc et sa marque Repère tout comme Carte d’Or lancent des bacs Ă  glace tout carton. Nespresso met en avant ses nouvelles capsules Ă  base de 80% d’aluminium recyclĂ©. Zespri emballe ses kiwis dans des barquettes carton. Les exemples foisonnent. Chacun allant de sa stratĂ©gie pour rĂ©duire son impact environnemental : allĂ©gement des emballages, passage au mono-matĂ©riau, recyclabilitĂ©, biosourcĂ©, intĂ©gration d’une part grandissante de matière recyclĂ©e, etc.

Mais il est un volet encore assez peu exploité, et pourtant bien présent dans la loi AGEC, celui du réemploi des emballages. Après plusieurs mois de discussions mouvementées autour de la consigne – pour au final être reléguée en plan B et ainsi apaiser les collectivités – la situation semble au point mort. Si quelques initiatives voient le jour à l’instar, il y a un an, du lancement de la plateforme Loop en partenariat avec Carrefour d’emballages consignés pour les produits de grande consommation, elles restent encore à l’état de prototype et cantonnées à un public restreint de par son coût.

Le vrac, prĂ©sentĂ© comme LA solution pour lutter contre les emballages a, de son cĂ´tĂ©, particulièrement souffert de la crise sanitaire du coronavirus. Fabrice Peltier, consultant emballages et intervenant expert pour le prochain salon All4pack, rappelle pourtant que les Ă©chĂ©ances sont pour demain. «Les Ă©co-organismes devront dĂ©finir d’ici le 1er janvier 2022 des gammes standards d’emballages rĂ©employables pour les secteurs de la restauration, ainsi que pour les produits frais et les boissons. La loi Anti-gaspillage pour une Ă©conomie circulaire fixe d’ores et dĂ©jĂ  des objectifs pour l’augmentation de la part de packagings rĂ©employĂ©s : 5% en 2023 et 10% en 2027». Des chiffres ambitieux Ă  atteindre en peu de temps. Le challenge est donc de taille. Dans ce «Monde d’après», le secteur de l’emballage n’aura pas le temps de chĂ´mer…

Extrait de la revue n° 649 - Juin 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support