Texte AlternatifLa tendance est aux coffrets mono-matériaux – et surtout en carton. Les coffrets en plastique n’ont pas la cote actuellement, bien que des solutions en plastique recyclé – en 100% r-PET – existent par exemple chez Grumbe, une entité du groupe Cosfibel. Les marques optent pour des solutions tout carton, cales incluses. Les fourreaux transparents protecteurs en plastique sont supprimés : les coffrets fragiles sont conditionnés dans des sachets en r-PET, ou en papier – bien que ceux-ci coûtent trois fois plus cher que des sachets classiques, sans offrir la même machinabilité. Les fabricants de coffrets réduisent les formats et les volumes pour diminuer le poids, l’encombrement en boutique, les coûts de transport – ainsi que le vide interne. «Certaines marques sont sensibles à cela, d’autres pas, c’est une question de marketing. Nous avons fait des analyses de la valeur : en optimisant ainsi, nous pouvons gagner 30% au niveau du volume et 20% sur le prix de revient du coffret», indique Patrick Garnier, directeur commercial de la société Adine. L’épaisseur des parois a elle aussi été réduite, atteignant au plus bas 1 mm. «Au-delà de la réduction des formats, le fait de pouvoir désassembler les différents éléments du coffret est important, pour mieux trier. Il serait aussi bénéfique que chacun des matériaux soit bien identifié auprès des consommateurs, en demande de plus de transparence sur ce sujet, avec des consignes de tri claires », constate Florence Dancoisne, directrice générale Europe de Knoll Prestige Packaging.



La structure du coffret, constituée principalement de carton recyclé, évolue elle aussi. «Les marques sont prêtes à revoir leur cahier des charges et par exemple à changer esthétiquement l’intérieur des coffrets. Pour alléger le poids du coffret, nous diminuons l’épaisseur des parois, ou nous remplaçons la structure de carton compact par de la cannelure habillée– ce qui nous permet de réduire le poids de 40% environ, sans modifier la solidité du coffret», souligne Bruno Lefebvre, directeur commercial de Verpack.



Julien Fauvel, chef de produit pour la Cartonnerie Oudin, remarque une tendance post-covid au circuit court, à l’éco-circularité, avec une production en France. «Nos clients ont beaucoup d’interrogations. Les marques ne connaissent souvent de la filière papier-carton que les communications des grands groupes. Or, il existe des acteurs plus petits, locaux, ayant des solutions à apporter dans le contexte que nous traversons. Nous avons établi un partenariat avec la marque Yves Rocher : nous récupérons de la matière première chez eux, avec laquelle nous fabriquons un carton qui est ensuite réutilisé pour leurs packagings – tels les coffrets et les étuis», explique-t-il. «Notre but est de proposer une matière fibreuse différenciante, notamment grâce au circuit court car nous nous approvisionnons en région limitrophe», ajoute-t-il. Pour cibler l’industrie du luxe, la cartonnerie Oudin a créé une fibre dite «régénérée» : «notre connaissance de la filière amont et aval nous permet de sourcer des matières de grande qualité, ayant été utilisées une seule fois. Grâce à notre savoir-faire en recyclage, nous en retirons une fibre régénérée dont les caractéristiques se rapprochent de celles des pâtes vierges», détaille Julien Fauvel.

Extrait de la revue n° 650 - Août/Septembre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support