Pour la filière cosmétique, l’heure est à la mobilisation collective. Illustration avec le lancement de l’outil SPICE Tool, qui propose à tous, de façon ouverte, un outil d’évaluation de l’impact environnemental des emballages. Si l’effort est louable, il ne sera pas pour autant suffisant. La France ne recycle que 27% de ses déchets plastiques, loin derrière l’objectif de 100% de plastique recyclé imposé par la loi AGEC d’ici 2025. Aujourd’hui, tous les regards se tournent donc vers la filière recyclage.

Pour Henri Bourgeois-Costa, porte-parole de la Fondation Tara Océan, «inciter le consommateur à trier ses déchets par des campagnes de sensibilisation ne suffit plus. Il faut installer d’autres mécaniques notamment économiques pour améliorer le taux de recyclage». Dans son rapport de début d’année, le CGEDD (Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable) faisait, de son côté, le constat d’un retard de la filière française de recyclage, pénalisée par une faible demande en aval et un outil mal approprié, avec une préconisation forte d’ancrage dans une boucle territoriale du flux de collecte et de traitement.

Modernisation des centres de tri, développement du recyclage moléculaire ou du procédé de pyrolyse, intégration de nouvelles technologies inspirées de l’Intelligence artificielle pour un meilleur contrôle vision, etc. sont autant de pistes en cours de développement. Dernière en date, le projet pilote HolyGrail2.0 de l’Association des industries de marque propose l’intégration de filigranes numériques au sein des emballages, qui une fois lues par des caméras, pourront, telles des cartes d’identité, renseigner sur leurs caractéristiques intrinsèques et aider à l’optimisation du tri. Les initiatives sont porteuses d’espoir. Et pourraient être créatrices d’emploi à l’heure où la France fait face à une crise économique sans précédent.

Extrait de la revue n° 650 - Août/Septembre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support