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N°638 - Machines&technologies - Editorial


 

 

 

Doria Maïz, rédactrice en chef

Le vert s’affiche et donne le ton !
Une poussée, une vague, une déferlante, un raz-de-marée, … la presse aura été prolixe à commenter la percée des partis écologistes aux dernières élections européennes. Epiphénomène ou mutation de fond du paysage politique, ces résultats traduisent une préoccupation forte des citoyens - et davantage encore des jeunes - pour les questions environnementales (changement climatique, biodiversité, pollution, etc.). Cette avancée «verte» ne sera pas sans conséquence du côté industriel, et plus particulièrement pour le secteur de l’emballage. Pour Jean Martin, délégué général de la Fédération de la Plasturgie et des Composites : «il est fort à parier que le plastique sera l’un des enjeux des futures élections municipales».

 

A l’heure où ses acteurs multiplient les initiatives pour dessiner des boucles de recyclage de plus en plus efficaces, intégrer chaque jour davantage de matières recyclées dans leurs produits et améliorer leurs process industriels dans le but de réduire leur empreinte environnementale, le projet de loi économie circulaire, dont l’annonce est imminente et qui sera présenté au conseil des ministres le 3 juillet prochain, est très attendu. Il risque, sous l’effet de ce nouveau prisme «vert», d’accentuer le principe de responsabilité du producteur. Car si beaucoup se félicitent des engagements pris par la filière, certaines voix s’élèvent pour regretter qu’en France «on initie beaucoup de projets, sans aller jusqu’au bout de la démarche». Pour exemple : l’absence de filières organisées de tri pour les déchets industriels et commerciaux, ou de solutions adaptées aux déchets organiques. Compost, méthanisation ou encore incinération sont loin d’avoir trouvé leur place dans «l’esprit collectif» français. A tort ? Ils sont, pourtant, largement pratiqués dans les pays nord européens, et s’avèrent être autant de pistes complémentaires au recyclage sur lesquelles se pencher. Le retour de la consigne en est une autre. Le lancement officiel de Loop, une plateforme de vente en ligne de produits de grande consommation dans des emballages consignés et réutilisables, en partenariat avec Carrefour (voir e-bonus du 17 mai 19), a remis au goût du jour un système révolu, mais pourtant massivement répandu en Allemagne.

 

Signe fort des futurs enjeux auxquels devront s’attaquer les industriels, le prochain grand rendez-vous du plastique et du caoutchouc, la K 2019 qui se tiendra à Düsseldorf du 16 au 23 octobre prochains, a prévu l’organisation d’une plateforme spéciale «Plastics shape the future» en partenariat avec Plastics Europe. Et ne cache pas s’attendre à la présence d’ONG pro-environnementales en attente de discussion et d’engagements forts de la part des industriels. Des ONG de plus en plus présentes dans le paysage médiatique, se positionnant comme les porte-paroles d’une société désormais éco-consciente et consom’actrice. Dans une récente interview de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, donnée à l’Usine Nouvelle, celui-ci constatait sans détour : «leur place est majeure. Les ONG ont acquis une influence sur l’opinion, sur les consommateurs, sur nos collaborateurs dont l’impact est parfois plus fort que celui de certains syndicats». Le ton est donné !