N°630 - Machines&technologies - Editorial


 

 

 

Françoise Albasini, rédactrice en chef

Le paradoxe du randonneur

Quand Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique déclare : «[…] une bouteille en plastique qui passera quelques secondes dans nos mains, […] finira, si elle n’est pas recyclée, au mieux incinérée, mais généralement au fond d’un trou ou dans la mer», elle a raison (1). Mais elle aurait pu ajouter : une situation qui illustre ce que nous nous appelons : «le paradoxe du randonneur : porter le lourd, jeter le léger».

 

C’est fou en effet ce que l’attraction terrestre peut exercer sur l’emballage… léger grâce au randonneur. Qu’il soit à pied, à vélo, ou en voiture, il se débarrasse très vite de ce qui devient léger, une fois qu’il a bu ou mangé…
Le bord des chemins et des routes en garde le témoignage pendant un certain temps, avant que la pluie n’embarque avec elle l’emballage jusqu’au cours d’eau, l’affluent, le fleuve et la mer…

 

Nous aurions apprécié que Brune Poirson dans l’interview accordée au JDD (1), et repris largement par les médias, mette un peu plus l’accent sur la responsabilité du consommateur-acteur de sa consommation et son manque de civisme. Pauvre consommateur qui, ne sachant plus lire, est même en pleine confusion avec la poubelle jaune et la poubelle bleue, si l’on en croit la secrétaire d’Etat !

 

Quand Brune Poirson «soutient totalement […] les plastics attacks» on comprend qu’il vaut mieux recycler la démagogie dans le sens du poil… Et répéter ce qui a déjà été dit lors de plusieurs conférences de presse (2). C’est plus léger à porter que de s’expliquer sur le fond… notamment en matière de R&D, d’investissements, d’augmentation possible du plastique, de hausse probable de prélèvement fiscal pour le citoyen…

 

(1) Interview accordée au JDD du 12 août 2018 (2) Notamment présentation de la Feuille de Route de l’Economie circulaire, l’engagement des 55 fédérations.