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N° 640 - Machines&Technologies - Actualité

 

 





B&R Automation imagine l’usine du futur
Lors de sa dernière journée Innovation organisée le 18 juin à Ferrières-en-Brie, B&R Automation a invité une centaine de clients et partenaires à venir échanger autour de l’industrie 4.0 et de ses enjeux : la machine adaptative, mais également la vision intégrée et ses performances de synchronisation et les évolutions des systèmes de transport linéaire étaient au centre de toutes les discussions.

 

Le paysage industriel, porté par une mue sans précédent, doit s’adapter. Un constat sans appel formulé par Gilles Delaliaux, directeur général de B&R France, en ouverture de l’événement : «les modèles classiques BtoB s’orientent progressivement vers du BtoC, obligeant les fabricants à produire de plus petites unités, davantage personnalisées. Le rôle des machines adaptatives sera crucial. Elles permettront les changements de production, sans arrêt des outils». L’enjeu est d’autant plus important que le dirigeant rappelle : «dans les cinq ans à venir, 50% des actifs auront moins de 35 ans et viendront bousculer les modes classiques de fabrication».

 

Vers des machines connectées et adaptatives
Attente forte de consommateurs, cette customisation de masse ne pourra se déployer sans le prérequis d’une traçabilité sans faille. «Cela implique de traiter une plus grande masse d’information, avec des machines connectées au cloud. Et optimiser leur performance grâce à une meilleure gestion des KPI, grâce au data learning», commente Alain Pauvert, directeur commercial, B&R France. D’autres changements sont à anticiper : être capable de mixer les produits et les formats, mais aussi de passer des produits inconnus et gérer des campagnes de fabrication de plus en plus courtes, sans arrêt de la production ou changement d’outillage. En ce sens, l’usine 4.0 répond à de nombreux points. Plus agiles et flexibles, les machines adaptatives réduisent l’empreinte au sol et la pénibilité des opérateurs, et améliorent leur sécurité tout en limitant les stocks et les étapes de maintenance, avec une consommation d’énergie réduite.

 

Des freins encore à lever
Malgré ses avantages, le passage à l’usine 4.0 ne coule forcément pas de source. Les freins restent encore nombreux à lever. Et ils sont avant tout humains. «Une résistance au changement est souvent observée au sein des équipes. Or la digitalisation doit concerner l’ensemble des postes, et être déployée sous l’impulsion d’un management lui-même convaincu et convaincant», insiste Thierry Deau, directeur automatisation groupe chez Serac. Côté machines, le passage du tout mécanique à un parc totalement connecté implique tout un travail de gestion des nomenclatures, la standardisation des normes d’interopérabilité entre fournisseurs et la protection des données via une cybersécurité dédiée, le tout encadré par des ressources compétentes en mécatronique et/ou en data analyse, des postes souvent absents au sein des PME et ETI.

 

Cas industriel : L’Oréal partage son expérience
Avec 600 nouveaux produits cosmétiques lancés par an et 40 usines dans le monde, la transformation digitale du numéro 1 de la beauté s’apparente à un chantier d’envergure. Epaulé par son partenaire IBM, le groupe avait un an pour déployer son architecture 4.0 après validation des proof of concept. «Cette nouvelle trame a été conçue pour intégrer autant que possible les lignes existantes, pour les connecter et les faire communiquer entre elles. Ce qui peut s’avérer très vite compliqué lorsque les machines ne viennent pas du même constructeur et qu’il faut récupérer les données pour les agréger dans le cloud», explique Mariatou Sagna-Biare, responsable corporate remplissage & conditionnement, L’Oréal. En cela «la solution Edge Controller de B&R nous a permis le transfert des données issues des machines vers le cloud pour pouvoir piloter nos applications d’affichage temps réel et d’analyse pour les lignes de conditionnement». Le groupe cosmétique insiste sur l’importance de standardiser la récolte des données en temps réel et de façon agnostique et fonde ses espoirs sur l’OPC UA avec TSN, pour lequel un cahier des charges sera envoyé à l’ensemble de ses fournisseurs pour harmoniser les flux. «Grâce à la mise en place de dashboard pour les opérateurs et les techniciens, nous avons déjà enregistré une progression de l’OEE de 13%. Sans compter, une amélioration de notre productivité de 33% sur notre usine de Caudry et une réduction de 80% de la quantité d’eau utilisée», se félicite Mariatou Sagna-Biare. Des outils 4.0 que le groupe déploie désormais également sur l’ensemble de ses laboratoires : «nous avons voulu imaginer des solutions évolutives, pour lesquelles l’humain doit être au centre de cette transformation digitale, et acteur de ce changement».

 

Focus sur les solutions B&R
La 2e partie de la Journée Innovation était destinée à faire découvrir, au travers d’ateliers et de démonstrations, les différentes solutions de B&R Automation pour accompagner ses clients vers cette transformation digitale. Parmi elles, l’intérêt de la réalité virtuelle et du jumeau numérique, présenté par les partenaires ITECA et Maplesoft pour designer les machines de demain. Autre aspect essentiel de la machine adaptative, la solution de vision intégrée de B&R offre de nombreux atouts : caméras intelligentes haut de gamme, algorithmes de traitement d’image et unités d’éclairage optimales font partie intégrante du système de contrôle, tout en apportant un confort d’utilisation et une synchronisation à la microseconde près. Ont été également mis en avant les évolutions des systèmes de transport intelligents ACOPOStrak et SuperTrack ouvrant la voie à une personnalisation de masse.
«ACOPOStrak est un système de transport ultra-flexible qui permet de produire des lots de taille réduite voire unitaire. Il peut être synchronisé avec des outils externes comme des robots. Pièces et produits sont transportées d'une station de traitement à l'autre sur des shuttles au mouvement indépendant les uns des autres. La productivité s’en voit améliorée», commente Davide Migliorisi, chef de produit Track Systems chez B&R. Plus spécifiquement dédiée aux industries agroalimentaire et pharmaceutique, une version hygiénique de l’ACOPOStrak complétement hermétique type wash down IP69K sera bientôt disponible, annoncé le spécialiste de l’automatisation.