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N° 640 - Machines&Technologies - Parfumerie&cosmétique/dossier

 

 

Les étuyeuses face au défi de la multi-référence
Dopée par le mouvement des "influenceuses", la mise en œuvre de petites séries oblige les fabricants de ces machines plus ou moins automatisées à sans cesse améliorer le processus d’introduction de contenants aux formes originales dans des étuis de tailles différentes.

 

Les étuyeuses – également appelées encartoneuses – réalisent en principe une tache simple : elles permettent la mise du produit dans un étui en carton. Dans les filières de la parfumerie et de la cosmétique, cette opération est pourtant rendue délicate par la montée en puissance du phénomène de multi-références, provoquée par la récente multiplication des marques créées par des «influenceuses». Conséquence : de nombreuses productions en petites séries qui aboutissent à d’incessants changements de format. «Il peut y avoir jusqu’à quatre ou cinq par jour dans la cosmétique et la parfumerie», note Alessandro Veronesi, assistant technique du fabricant italien V2 Engineering.

 

Pour Jean-François Mériot, gérant de la société ADMC, distributeur en France des étuyeuses du fabricant allemand UET, cette réalité n’est toutefois pas nouvelle : «il y a toujours eu un besoin de flexibilité et de réactivité en raison de la période de vie très courte de certains produits dans les secteurs de la cosmétique et de la parfumerie».
M.T. Kabrit, ingénieur technico-commercial chez Campak France, filiale du constructeur italien, nuance ce constat : «le phénomène de multi-références n’est pas une nouveauté. La seule différence est que, depuis quelques années, même les grands clients demandent de la flexibilité. Auparavant, ils achetaient une ligne d’emballage pour un produit et la notion de changement de format n’était pas un critère important, au contraire des façonniers. Ce n’est plus le cas».

 

Démocratisation des solutions robotiques
Nouveauté ou pas, le défi est en tout cas toujours là et la principale difficulté va se concentrer sur l’introduction dans l’étui de produits aux contours toujours renouvelés. «Les demandes des services marketing pour des flacons de parfum aux formes extravagantes sont sans limite. En cosmétique, même les fabricants de pots de crème de luxe réclament des designs plus raisonnables. De plus, les étuis sont toujours standards», note toutefois M.T. Kabrit. Pour parvenir à réussir au mieux cette tache rendue plus difficile par la tendance à la multi-référence, deux «écoles» s’opposent : l’humain vs. la robotique. Jean-François Mériot (ADMC) revient sur ce distinguo : «sur de nombreuses applications en parfumerie, l’introduction du flacon dans l’étui est manuelle, c’est-à-dire faite par un opérateur. Il est en effet compliqué de réaliser une machine avec un robot qui effectue cette opération lorsqu’il y a beaucoup de formats différents. Les changements sur une gamme de pots ou de tubes cosmétiques sont beaucoup moins compliqués car la forme des produits est plus standardisée et l’introduction dans l’étui s’automatise très facilement. Les étuyeuses d’UET, qui sont toutes verticales pour plus de compacité, ne sont pas faites pour des cadences élevées et tournent autour de 50 étuis/mn maximum avec un fonctionnement automatique. En manuel, la cadence dépendra de l’état de fatigue de l’opérateur, mais elle sera moins élevée».

 

 

 

Cartoners facing the challenge of multi-referencing
Boosted by the movement of "influencers", the implementation of small series requires the manufacturers of these more or less automated machines to continually improve the process of introducing containers with original shapes into different sizes of cases.

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°640 - Juillet/Août 2019