N° 615 - Machines&Technologies - Emballage industriel/Dossier


 

 

La palette : une solution optimisée
Qu’elle soit en bois ou en plastique, la palette se renouvelle. Par un nouveau design plus performant, par une qualité du matériau optimisée… Consciente de son rôle dans la supply chain, la palette veut aussi apporter à l’utilisateur plus de sécurité pour la charge portée, réduire la pénibilité de l’opérateur, et l’impact environnemental. Un impact qui passe aussi carrément par la disparition de la palette…

 

La palette bois engage cinq nouvelles actions
“Demain, le camp du progrès appartiendra à ceux qui auront décidé de s’engager de manière positive et proactive dans l’économie circulaire. Et nous en sommes» a déclaré Jean-Louis Louvel, président de la Commission Palettes de la Fédération Nationale du Bois, président fondateur du groupe PGS à l’occasion d’une présentation récente sur la palette bois, au cœur de l’économie circulaire. Les industriels de la filière sont des professionnels responsables et engagés, a insisté aussi Patrice Chanrion, Manager de la commission Palettes SYPAL de la Fédération Nationale du Bois (FNB) qui a ajouté « la palette bois est en phase avec l’environnement et la réglementation, et permet le marquage et la traçabilité».

 

Les industriels de la palette bois privilégient l’usage à la possession, offrent des services liés à la réutilisation de la palette avec une standardisation qui se poursuit par secteurs industriels et des solutions alternatives à la possession. Quant à la gestion des déchets, ils ont mis en place des solutions pour transformer des déchets potentiels en ressources et matières premières secondaires. Des filières de recyclage sont opérationnelles.
Au-delà de ces mesures et des acquis, un plan de progrès avec de nouveaux objectifs a été établi. Les professionnels ont adopté une démarche complémentaire définie autour de cinq axes d’actions nouvelles et prioritaires. Il s’agit tout d’abord de pérenniser les approvisionnements, qui passent par des actions de reboisement. «Ce qui veut dire promouvoir la plantation d’un million d’arbres en France, soit un an de production de palettes neuves par une contribution des métiers de la palette» précise Patrice Chanrion. Le deuxième axe d’actions porte sur la sécurisation de la traçabilité, du traitement NIMP15. «Il s’agit de finaliser le développement d’un outil de contrôle attestant la bonne réalisation du traitement NIMP15, en usage courant et/ou en expertise» poursuit le manager de la commission Palettes SYPAL. Le troisième axe vise l’amélioration de la qualité de la palette. Cette action se traduit par la rédaction de deux documents et la mise en œuvre d’une technologie. «Nous allons produire un référentiel, traduisant le savoir-faire et les compétences des fabricants et réparateurs, en réponse aux attentes des utilisateurs pour la rédaction de leurs cahiers des charges ainsi qu’un vademecum d’achats éco-responsables qui rassemble l’essentiel des sujets à investiguer pour construire et développer sa politique d’achats éco-responsables». Quant à la technologie à mettre en œuvre, les industriels de la palette bois veulent développer la technologie micro-ondes. «Nous voulons transférer cette technologie en milieu industriel en optimisant le process selon les attentes des fabricants, et en faire reconnaître l’efficacité par les pouvoirs publics français» souligne Patrice Chanrion. Un tel projet a été lancé récemment chez l’industriel FrancepaL à Durtal avec le constructeur Imitek et le concours de CRITT Bois d’Épinal.

 

Concernant le quatrième axe d’actions, les industriels veulent favoriser et développer l’innovation. Une démarche qui va s’illustrer par la création d’un «Lab-Palettes», c’est-à-dire un atelier créatif, espace d’incubations d’idées et de projets concrets, «un véritable catalyseur pour structurer et mettre en oeuvre des actions de R&D» déclare notre interlocuteur. Les industriels veulent aussi s’appuyer sur la chimie «verte» pour «trouver des solutions efficaces, sécuritaires, propres, économiques permettant de résoudre l’apparition du bleu et des moisissures sur les sciages et/ou palettes». Le 4ème axe vise aussi une standardisation optimisée, ce qui veut dire établir des conceptions de palettes standardisées répondant à des charges nominales définies, sécurisant les échanges et favorisant la réutilisation. Enfin cinquième et dernier axe d’actions : la diversification des voies de recyclage. La palette bois veut aller au-delà de la valorisation énergétique : explorer tous les «champs du possible »pour trouver de nouveaux circuits de valorisation pour les palettes en fin de vie, complémentaires aux valorisations actuelles.

 

 

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°615 - Février 2017