N° 618 - Machines&Technologies - Matériaux/Show room


 

 

Les biosourcés : des matériaux pour l’emballage
A l’occasion du Plant Based Summit, qui s’est tenu à Lille le mois dernier, plusieurs conférences ont permis de faire le point sur la chimie du végétal et les biosourcés. «PBS est un congrès filière et transverse, un lieu de débats et d'échanges pour comprendre les différentes approches que prennent les acteurs et avoir une vision concrète de l’innovation dans la chimie du végétal. La complémentarité des industriels est mise à l’honneur comme un levier de croissance de dynamisme» estime François Monnet, président de l’ACDV qui est partenaire de cette manifestation (voir encadré).

 

Des encres d’imprimerie

L’ACDV
Créée fin 2007 à l’initiative des acteurs de la chimie en France (1). L’Association Chimie du végétal-ACDV fédère une cinquantaine d’adhérents représentatifs de toute la chaîne de valeurs de la filière : entreprises de la chimie, de l’agrochimie et des industries aval, des pôles de compétitivité et des organismes professionnels. Au carrefour de compétences transversales, multi-secteurs et multi-activités, sa légitimité est reconnue auprès des instances économiques et politiques, nationales et européennes. Elle dispose des ressources d’un réseau d’experts sur toute la chaîne de valeurs de la filière. Autour de 4 Groupes de Travail, les adhérents de l’ACDV mettent en commun leurs compétences.

 

(1) 5 membres fondateurs : Société Roquette Frères, Société Solvay, Pôle de compétitivité IAR (Industrie Agro- Ressources), l’Union des Industries Chimiques (UIC) et l’Union des Syndicats des Industries des Produits Amylacés et de leurs dérivés (USIPA).

La chimie du végétal contribue à répondre aux enjeux énergétiques, environnementaux et sociétaux que la société et les industriels doivent relever. Elle a notamment comme axe de développement des produits innovants pour de nouvelles fonctionnalités : comme la création de biomolécules utilisables dans les solvants, colles ou tensioactifs, fibres tirées de la biomasse pour créer des biomatériaux… Les bioproduits ont ouvert de nombreux champs de recherche comme les composés isoparaffines (isoalcanes) pures. Ils sont fabriqués à partir d’Huile Végétale Hydrotraitée (HVO) 100% d’origine biosourcée.
«Notre gamme Biolife contient des isoparaffines pures. L’innovation tient du compromis de performances apportées par les caractéristiques de nos produits et qui peuvent être utilisés dans une formulation sans altérer l’aspect du produit fini. Ils sont inodores, sans COV, et parmi d’autres qualités, sont classés facilement biodégradables» assure Clarisse Doucet, Prospective, Research & Innovation, head of biosourced projects, Total Fluids. Exemple de produits contenant des isoparaffines pures : encres d’imprimerie.

 

Autre exemple de fonctionnalités des produits biosourcés : l’emballage
«En intégrant du biosourcé dans les emballages, l’objectif est de les rendre plus sûrs, pratiques, compacts, légers, mieux biodégradables et recyclables pour répondre à l’évolution des besoins des clients utilisateurs de packaging, des clients finaux et de la réglementation. Dans l’emballage alimentaire, l’enjeu est de garantir la qualité du contenu (couleur, texture, goût et valeur nutritive). Les chercheurs travaillent à remplacer le film aluminium présent dans certains emballages par une barrière alternative biosourcée».

 

Les plastiques biosourcés 
Ils sont composés de polymères d’origine totalement ou partiellement renouvelable. Les biopolymères peuvent posséder la même structure que leurs homologues fossiles (PE issu de la canne à sucre par ex) ou une structure innovante comme le PLA (acide polylactique). Le PLA, synthétisé à partir de glucose extrait de l’amidon, est le plastique biosourcé le plus prometteur. Tetra Pak a remplacé pour certaines de ses gammes le plastique par du polymère biosourcé. Sa gamme Tetra Rex®, qui est fabriquée à partir de plastique dérivé de canne à sucre et de carton, est essentiellement d’origine végétale. Elle est utilisée pour les produits frais de courte consommation qui ne nécessitent pas d’aluminium.
Des capsules de café sont fabriquées en bioplast 900 (Sphere) et contiennent 69% de matières biosourcées. Compatibles Nespresso, elles représentent une alternative au polypropylène et à l’aluminium.

 

 

Un film transparent et résistant
C’est une nouvelle conception de film d'emballage alliant scellage, résistance mécanique et transparence, que Schur Flexibles Group propose avec TopGuard, d’une épaisseur totale de 50 microns. Ses couches de barrières associent polyamide (PA) et/ou éthylène-alcool vinylique (EVOH) offrant ainsi une plus longue durée de conservation et une fraîcheur maximale des produits emballés sous MAP. Il ne présente pas de buée, assure le producteur. Il convient aussi bien à l’operculage des barquettes qu'au film flowpack. Grâce à ses propriétés de scellage, les surfaces scellées contaminées sont soudées en toute fiabilité. La couche scellante à base PP fait fonction d'agent scellant et permet d'ouvrir tout l'opercule sans laisser aucun résidu sur la barquette. Les films TopGuard s’impriment soit en flexographie, soit en impression héliogravure jusqu'à 11 couleurs, avec possibilités d’options laquées mates ou brillantes. TopGuard convient notamment aux emballage de viande, de plats préparés, d’aliments pour bébés. Ce complexe résistant convient également en application thermique et au four à micro-ondes, assure le producteur.

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°618 - Mai 2017