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N° 639 - Machines&Technologies - Matériel/Show room

 

 

 

M&R Cartonnage Numérique fait passer l’impression numérique à l’ère industrielle
Pour ses dix ans, M&R Cartonnage Numérique franchit une nouvelle étape en s’offrant un nouveau site MR2 flambant neuf, à moins de 2 km de ses locaux actuels à Saint-Ouen-L’Aumône. «L’idée était de séparer distinctement nos deux activités, celle - historique - de la maquette numérique, qui restera sur le site MR1 de celle de la production industrielle qui sera désormais entièrement gérée à MR2», explique Jonathan Mihy, son dirigeant (photo). Coût de l’investissement : 2 M€. Sur 2800 m², le nouveau bâtiment abrite désormais, au sein de salles à la température et humidité contrôlées, la HP Indigo 30 000 déménagée pour l’occasion du site MR1, associée à une TRESU iCoat 30 000 pour un vernis double passage (acrylique et UV) en ligne. En complément de ce « monstre » numérique, MR2 accueille des outils plus classiques de façonnage (gaufrage, découpe, décorticage et dorure). Autant de techniques que la société sait parfaitement bien maîtriser et coupler à l’impression numérique. Avec ce nouvel outil, la société passe d’une capacité de production actuelle de 7 millions d’étuis à un potentiel de 50 000 millions d’étuis par an.

 

Un signal fort pour la PME, soutenue par sa désormais maison mère DIAM Group - M&R Cartonnage Numérique ayant été racheté en 2017 - celui de donner un coup d’accélérateur à l’impression numérique pour grandes séries. «L’impression multichromie est bien adaptée à la personnalisation des produits et aux commandes multi-références qui ont explosé ces derniers temps en cosmétique, tirées par la mode des influenceuses. Et plus particulièrement aux produits de maquillage, déclinés de 20 à 70 teintes selon les marques. La technique pourrait aussi trouver une place intéressante pour de l’alimentaire haut-de-gamme», commente Jonathan Mihy.

 

Outre la possibilité de gérer un large éventail coloriel, la technologie est également plus flexible et durable. Là où 200 à 500 gâches de réglage sont nécessaires en offset, l’impression numérique n’aura besoin que de 3 à 20 feuilles au maximum, sans faire appel à un système de mouillage. Autres avantages : travailler sans minimum ou maximum de commandes, sur un seul format de feuille (ici le papier couché Invercot d’Iggesund), et avec des encres liquides compostables depuis fin 2018 chez HP, ce qui facilite le recyclage des emballages. «Si l’impression numérique était jugée trop coûteuse, les plus grands noms de la cosmétique y réfléchissent désormais sérieusement. Car elle permet, en plus de produire les justes quantités en flux tendus selon les besoins du marché, de réduire les coûts de l’obsolescence. Selon le groupe DIAM, 30 à 35% des PLV fabriquées ne seraient jamais utilisées en points de vente…», indique Jonathan Mihy.

 

M&R Cartonnage Numérique change clairement d’échelle. Et pour accompagner cette transition, le site MR2 sera doté d’un laboratoire de contrôle qualité. Un point essentiel pour répondre aux cahiers des charges exigeants des grands groupes de la beauté. La société se veut aussi offensive sur le plan commercial avec son nouveau service «One Week», qui promet un délai de 5 à 7 jours entre la prise de la commande et la livraison. Une chasse au temps perdu qu’elle avait déjà initiée, il y a plus d’un an, avec la création de M&R Artworks. «Aujourd’hui, seuls 15% de nos clients utilisent notre agence interne pour la pré-PAO de leurs maquettes. Un taux que nous voulons voir progresser, car c’est l’étape qui, aujourd’hui, consomme le plus de temps», constate Jonathan Mihy.
Le dirigeant ne compte pas en rester là. Prochaine étape : partir à l’assaut du continent américain, sous la bénédiction de DIAM Group. Un 2e site de maquette d’impression numérique verra le jour à Melville (Long Island, US) sur le site de DIAM Pack US d’ici la fin 2019. Avec comme objectif : celui de moderniser et professionnaliser le monde de la maquette, aujourd’hui monopole des artisans et agences de design aux Etats-Unis.

 

 

 

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°639 - Juin 2019