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N° 638 - Packaging - Parole à…


 

Jean-Baptiste Reymondon, Responsable Grands Comptes Agroalimentaire & Emballage chez Bosch Rexroth France

Relever le défi de la flexibilité dans l’agroalimentaire avec l’industrie 4.0
Loin d’être seulement un concept, l’industrie du futur (ou «industrie 4.0» telle qu’on la nomme Outre-Rhin), se généralise. En répondant aux besoins d’exigences opérationnelles des entreprises (amélioration de la qualité, des processus et de l’empreinte environnementale, réduction des coûts de production, etc.), elle pérennise les sites industriels en permettant aux usines d’être plus flexibles et plus compétitives sur le marché mondial.

 

Dans le secteur agroalimentaire, et plus particulièrement dans le domaine de l’emballage et du conditionnement, les industriels sont plus que jamais confrontés à de nouveaux enjeux. De plus en plus, la conception des produits alimentaires implique une flexibilité à toute épreuve de l’outil de production. En plus des problématiques de réduction des marges, de péremption des produits, de hausse des cours des matières premières ou encore de la volonté du consommateur de toujours payer moins cher, les entreprises de l’agroalimentaire doivent sans cesse augmenter leurs capacités d’innovation. Si auparavant, on voulait s’adapter au marché, aujourd’hui cela ne suffit plus : il est essentiel pour un acteur de l’agroalimentaire de proposer en permanence de nouveaux produits.

 

L’innovation concerne deux axes majeurs. D’une part les recettes, portées par la tendance du marché, et d’autre part, le packaging. Pour permettre à un produit de se démarquer dans un rayon par une recette attractive et/ou un design adapté, la production doit pouvoir faire preuve de réactivité et d’adaptabilité, en étant capable du jour au lendemain de modifier un produit afin qu’il soit conforme au cahier des charges souhaité. Tout l’enjeu réside alors dans l’optimisation du «time to market», lequel passe par une flexibilité maximale de l’atelier afin de réduire les temps d’adaptation et d’évolution des machines composant les lignes de production.

 

Une flexibilité de la production qui passe par la digitalisation
En France, on constate aujourd’hui une vraie volonté de franchir le cap de la digitalisation de l’outil de production dans l’industrie agroalimentaire. Cependant, malgré cette réelle prise de conscience, digitaliser une usine ne se fait pas tout seul. Il s’agit d’un véritable projet d’entreprise exigeant de la réflexion, de la méthode et une équipe dédiée.

 

Sur le marché, il existe aujourd’hui de plus en plus de solutions fiables et matures, capables de répondre aux besoins de digitalisation des industriels. Les fabricants de solutions (capteurs, systèmes d’automatisation de lignes, robots collaboratifs etc.) peuvent ainsi travailler au plus près des OEMs et des industriels de l’agroalimentaire. En les aidant à identifier leurs besoins réels en matière de digitalisation et d’intégrer les solutions.

 

Adopter une démarche bottom-up et top-down
Quelles que soient les performances des technologies mises en place, la clef de réussite d’un projet de digitalisation réside dans l’implication de tous les collaborateurs. La digitalisation est l’affaire de tous, de l’opérateur à la direction de l’entreprise ; c’est pourquoi il est essentiel de bien expliquer les raisons de la démarche. Pendant le déroulement du projet, il est important de remonter au project manager des propositions de l’ensemble des salariés, et ce à tous les niveaux, en instaurant un dialogue entre les différents services de l’entreprise. De ces nombreux échanges, émergeront des bonnes pratiques mais aussi de nouveaux talents qui s’impliqueront pleinement dans la transformation digitale de l’usine.