N° 627 - Packaging - Parole à…


 

Adeena Campas, directrice DĂ©veloppement durable et environnement - ANIA.

L’Ania mobilisée pour le recyclage des emballages et l'économie circulaire

Les consommateurs expriment de nouvelles attentes vis-à-vis des produits alimentaires, et notamment en matière d’impact sur l’environnement.

 

Sur une planète aux ressources limitées, la gestion de la fin de vie des emballages devient un enjeu capital pour tous. Les entreprises l’ont bien compris. La rareté des ressources les conduit à identifier les meilleurs leviers pour utiliser efficacement la matière tout au long du cycle de vie et à participer activement au process/système de l’économie circulaire.
Face à la Stratégie Européenne sur les plastiques et en France à l’ambitieuse Feuille de Route sur l’Economie Circulaire, en concertation avec les parties prenantes dont l’Association Nationale des Industries Alimentaires-ANIA, les enjeux sont importants et multiples.

 

Pour nos entreprises alimentaires, ils se concentrent autour de l’emballage qui joue un rôle majeur et se situe au croisement de quatre problématiques majeures : assurer la sécurité et la qualité de l’alimentation, apporter de l’information au consommateur, minimiser les impacts sur l’environnement et lutter contre le gaspillage alimentaire.

 

L’éco-conception des emballages et la prise en compte de leur impact tout au long du cycle de vie du produit sont donc essentielles.

 

Dans ce domaine, les entreprises alimentaires innovent sans cesse pour améliorer la qualité des emballages, réduire leur impact sur l’environnement et augmenter leur recyclabilité.

 

Les solutions recherchées interviennent à plusieurs niveaux : Eco-conception des produits, réduction et allègement des emballages ; Utilisation de matériaux recyclés et bio-sourcés ; Contribution au développement de filières de recyclage ; Optimisation des emballages de transport ; Information et sensibilisation des consommateurs au geste de tri.

 

Ainsi entre 2007 et 2012, 447 projets d’éco-conception, en lien avec Citeo, ont permis d’éviter le rejet de 71 000 tonnes d’emballages alimentaires.

 

Bien au-delà du simple respect de la réglementation, il s’agit pour les entreprises d’un engagement global, véritable «licence to operate» ou «permis social», avec des répercussions autant sur leur réputation que sur leur compétitivité.

 

Le principal challenge à relever dans ces prochaines années portera sur l’intégration de matériaux recyclés, en particulier pour les plastiques. Cela nécessite de relever plusieurs défis : augmenter la collecte des emballages, bénéficier de quantités suffisantes de matériaux recyclés et enfin garantir la qualité nécessaire des matériaux recyclés pour leur compatibilité avec le contact alimentaire.

 

En termes de collecte, l’agrément Emballages ménagers, publié en décembre 2016, nous fixe comme objectif l’optimisation de la filière et l’atteinte de 75% de recyclage d’ici 2022. Cela doit être la priorité pour nos entreprises qui dépensent déjà 435 millions d’euros pour y parvenir, soit 8% de l’investissement total du secteur agroalimentaire.

 

Néanmoins, pour atteindre les 100% de plastiques recyclés d’ici 2025, l’ANIA est consciente de la nécessité de progresser sur la collecte de certains types d’emballages et dans certains territoires urbains, en particulier.
Les entreprises et certains secteurs sont prêts à s’engager pour mettre en place des dispositifs complémentaires qui soient efficaces, économiquement viables et adaptés aux comportements des Français. A titre d’exemple, pour progresser sur la collecte des bouteilles plastiques, un nouveau plan d’actions baptisé "vous triez, nous recyclons" a été mis en place à Paris grâce à la collaboration de grandes entreprises (dont Evian, Volvic, Vittel, Perrier, Cristalline, Coca-Cola et PepsiCo), Citeo et la ville de Paris. Avec pour objectif de changer les comportements et développer les performances avec l’installation de près de 3 000 nouveaux points de tri.

 

Nous devons poursuivre nos efforts et valoriser nos bonnes pratiques auprès des consommateurs sur nos manières de travailler, de nous approvisionner, de gérer nos déchets…

 

Nous devons également prendre en compte l’évolution des modes de consommation car les Français ne font plus leurs courses de la même façon qu’il y a 10 ans. Il est donc capital pour notre secteur d’anticiper les évolutions afin de trouver des solutions pérennes pour les 20 prochaines années.

 

Pour cela, l’ANIA échange et collabore activement avec les acteurs de l’ensemble de la chaîne de recyclage pour mettre en place des solutions et innovations qui prennent en compte les contraintes et attentes de chacun.