N° 624 - Packaging - Actualité

 

 

 

Suez et Coveris conjuguent ensemble le PET en recyclé et en circuit court
A l’occasion de la visite du site Suez RV Plastiques Atlantique, Jean-Marc Boursier, directeur Général Adjoint Suez Recyclage & Valorisation Europe a fait le point sur la stratégie du groupe dans ce domaine, et David Constant, directeur de production de Coveris, a expliqué l’intérêt d’utiliser du r-PET et de le faire aussi en circuit court.

 

Le recyclage du plastique est au cœur de la stratégie de Suez, a souligné Jean-Marc Boursier, directeur général aAdjoint Suez Recyclage & Valorisation Europe, à l’occasion de la visite de l’usine Suez RV Plastiques Atlantique, près de Bayonne. «La seule usine du grand Ouest qui reçoit sa matière à recycler de la collecte sélective des déchets ménagers», en l’occurrence les bouteilles PET.

 

La stratégie de Suez, qui a lui aussi sa feuille de route Développement durable 2017-2021 (composée de quatre priorités et de 17 engagements), s’inscrit dans les objectifs de la Feuille de route/Economie circulaire de la France qui veut recycler 100% des plastiques d’ici 2025, ou ceux de la Commission européenne qui, elle, réclame dans le Paquet «Economie Circulaire» 80% de recyclés d’ici 2030. Pour répondre à une demande qui devrait donc devenir importante, le groupe a créé récemment avec LyondellBasell une joint-venture dédiée à la production de polymères recyclés de haute qualité. Les deux entreprises s'appuieront sur leur expertise respective pour fournir des matières premières secondaires «de qualité équivalente aux matières vierges».

 

A Bayonne, le site de Suez, installé sur un terrain de 41 000 m2 dont 10 000 m2 couverts et où travaillent 33 personnes 6 jours sur 7, déclare une capacité de traitement de 20 000 T/an, soit l’équivalent de 600 millions de bouteilles. La plus grosse partie du PET regénéré est utilisé pour l’emballage (barquettes, couvercles…), mais seul 2% de r-PET revient à la bouteille. L’objectif est d’atteindre très rapidement 17%.

 

A réception, ouverture des balles et dosage du flux, la matière plastique collectée est ensuite triée en suivant plusieurs étapes : tri par infrarouge, séparation magnétique, tri par couleur et contrôle manuel. Une fois ces opérations terminées, le process de valorisation des bouteilles, en tant que tel, commence : d’abord par le broyage, puis la flottaison des morceaux, leur lavage à chaud, suivi du rinçage et du séchage. «En 5 ans, nous avons économisé 50% d’eau pour le lavage» rapporte Philippe Boulanger, directeur du site. Interviennent ensuite le séchage et le tamisage homogénéisation. La valorisation se termine par le tri des paillettes et leur conditionnement en big bag. Des contrôles qualité sont opérés avant l’expédition au client, en fonction du type de paillettes demandées. Les bouchons que le site récupère sont broyées et, une fois traités, servent à fabriquer des poubelles. Quant aux paillettes, elles sont vendues à plusieurs embouteilleurs de la grande région du Sud Ouest/Espagne, et à des fabricants d’emballages dont Coveris Rigid France, et tout particulièrement à son site de Soustons, situé à 50 km de celui de Suez RV Plastiques.

 

Le site de Coveris a installé un module de polycondensation (décontamination) qui lui permet d’utiliser les paillettes PET pour des emballages au contact alimentaire. Le site, dont le procédé a reçu l’agrément EFSA (1), produit notamment des couvercles pour sa gamme Dairy dont 90% des couvercles sont aujourd’hui en r-PET (PET recyclé transparent). Ils sont utilisés notamment par Danone, Yoplait, Martinez, McDo (couvercle des barquette de salade).

 

C’est en 2016 que le site a investi (600 000 €) dans un premier module de polycondensation flakes PET «plug &play» sur la ligne d’extrusion puis en 2017 un second module Decon20 intégré à une nouvelle ligne d’extrusion PET. Pour un montant de 2 M€. Avant ces investissements, le rPET que le site utilisait provenait d’Egypte (600 T/an) et de source interne (2600 tonnes). Aujourd’hui, le recyclé de source externe est fourni par Suez (1500 à 2600 T/an). L’objectif est de d’atteindre rapidement une capacité annuelle de 11 000 T de recyclé dont 3500 T en provenance de l’usine de Suez, et 5000 T de recyclage interne.

 

«Aujourd’hui nous avons réussi à substituer 2600 T de PET vierge (fossile) par 2600 T de PET recyclé en filière courte, soit l’équivalent de 5000 T de pétrole préservé chaque année. Nos clients nous ont suivis, avec une croissance en volume qui a justifié les nouveaux investissements. Mais nous voulons aller plus loin encore en intégrant du BioPET, là-aussi dans une logique locale et en préservant les surfaces agricoles» a déclaré David Constant, directeur de production de Coveris.

 

Le groupe Coveris a installé deux autres polycondensateurs sur des lignes de son site en Hollande et de celui en Pologne.

 

(1) En France, deux régénérateurs qui recyclent du plastique ont reçu l’agrément EFSA pour le contact alimentaire : le site de Beaune de Plastipak et celui de Limay en région parisienne-joint venture 50/50 Sita/Suez et Paprec.

 

 

Suez vise 600 000 tonnes de plastiques recyclés en 2020
En Europe, sur une production annuelle de 50 millions de tonnes de plastique, près de 40% concernent l’emballage, avec une demande concentrée à 75% sur cinq résines (tableau ci-contre). Sur 25 MT de déchets plastiques traités par an, 25% sont recyclés. Ce qui permet de mesurer l’ampleur des efforts à entreprendre. Précisément, Suez veut être un acteur majeur dans le recyclage, avec un objectif de production de 600 000 tonnes de plastique recyclé en 2020, soit 5% de plus qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, le groupe compte 9 usines de recyclage qui traitent 400 000 tonnes et produisent 150 000 tonnes de recyclé. Suez veut produire des plastiques de la même qualité que le vierge. Pour y parvenir, il faut innover pour accroître la qualité des plastiques recyclés, dit-il, du recyclage thermomécanique au recyclage chimique. Ce qui passe par une collecte de plastique post-consumer. Comme le fait le site de Suez RV Atlantique (1).

 

(1) Voir ebonus/actualité du 16 nov. 2017.