N° 617 - Packaging - Actualité

 

 

 

Les plastiques recyclés ont désormais leurs éco-profils
“Parce l’image de la qualité du recyclé n’est pas toujours bonne, il fallait apporter aux plasturgistes et donneurs d’ordre des éco-profils sur les matières premières de recyclage (MPR), au même titre que ce qui existe déjà pour les matières plastiques vierges» a expliqué François Aublé, président du Syndicat national des Régénérateurs de Matières plastiques-SRP, en présentant les premiers éco-profils. Ils visent huit matières premières de recyclage produites en France, à savoir : le R-PEBD Granulés et R- PEBD Granulés Agri, R-PEHD Granulés et R-PEHD Paillettes, R-PET Granulés et R-PET Paillettes, R-PP et R-PV (1)C. Un travail qui n’aurait pas été possible sans le soutien de l’Ademe et des partenaires de la filière dont Elipso et Eco-Emballages.
Ces éco-profils prouvent et quantifient les avantages environnementaux liés à l’utilisation des matières premières de recyclage en substitution des résines vierges. «Désormais, les industriels disposent aussi pour les matières premières de recyclage d’ICV-Inventaire du Cycle de Vie. On estime qu’à l’horizon 2022, 75% des emballages plastiques seront triés, puis recyclés. L’économie circulaire va se développer, et nos éco-profils apportent aujourd’hui la preuve qu’une économie circulaire sobre en carbone peut être un véritable levier de compétitivité» a ajouté le président du SRP.
Les éco-profils et les ICV devraient permettre l’émission de Certificats d’économie carbone.
Le SRP regroupe 16 régénérateurs (2). Cela représente 27 usines et 400 000 tonnes/an de matières premières de recyclage produites en France, soit 80% du marché. Alors que le gisement des déchets plastiques post-consommation s’élève à 3 331 Kt, les déchets plastiques récupérés en vue du recyclage sont évalués à 1 016 KT (3).

 

L’emballage éco-concu doit intégrer plus de plastique recyclé
En ce qui concerne l’emballage, on compte 9 usines de recyclage dont 3 pour le PEHD pour une production de 50 000 tonnes et 6 pour le PET pour une production de 190 000 tonnes. «Avec un rendement matière de 70% et un taux d’impuretés final < à 30 ppm, ces résultats imposent le déploiement de moyens très importants» a souligné Olivier Vilcot, président du GT Emballage au sein du SRP. Et ce d’autant plus que la profession constate un gisement évolutif perturbant. D’où sa demande d’être associé davantage à la recherche des moyens (tri optique, spectroscopie laser…). Outre les moyens également au niveau des laboratoires pour garantir l’alimentarité du r-PET, le président du groupe de travail Emballage a également déploré une captation du gisement insuffisante, une extension des consignes de tri insuffisamment maîtrisée avec une dégradation de la qualité, due notamment à un trop grand nombre de centres de tri. Le GT Emballage constate aussi une demande en MPR insuffisante qui peut s’expliquer en partie par une «éco-conception non circulaire». Quand on parle éco-conception, explique-t-il, la tendance va vers une diminution du poids de l’emballage mais ce n’est pas suffisant. Il faut introduire plus de matière recyclée. LE CT Emballage se veut toutefois optimiste et observe que l’éco-conception commence à être évaluée avec une approche plus «circular design» avec un vrai intérêt des consommateurs sur les emballages recyclés.

 

(1) Les éco-profils sont disponibles sur le site du SRP - (2) réalise au moins deux des opérations suivantes : lavage, broyage, densification, micronisation, granulation, compoundage - (3) Chiffres Ademe 2014.