N° 619 - Packaging - Actualité

 


 


Bilan et méthodologie de l’étude environnementale du recyclage en France

Les objectifs recyclage 2020 - 2025
65% des déchets non dangereux non inertes (ex - DIB (1)) devraient être orientés vers des filières de valorisation sous forme de matière en 2025 (et 55% en 2020).

 

2022 est l’année à laquelle les consignes de tri devraient être étendues à l’ensemble des emballages plastiques sur tout le territoire français.

 

(1) Notamment emballages, métaux.

Le syndicat professionnel des entreprises de recyclage Federec a publié récemment le Bilan 2017 sur l’évaluation environnementale du recyclage en France, et a présenté sa «calculette environnementale des impacts». Cette étude, qui est une première en Europe, apporte de nouveaux éléments pour mesurer les bénéfices environnementaux de recyclage et faire progresser l’ensemble des filières.

 

Financée par l’Ademe et Federec, «l’Evaluation environnementale du recyclage en France» a été et réalisée par RDC Environnement, avec la méthodologie d’ACV - Analyse de Cycle de Vie. L’ACV consiste à «évaluer les impacts environnementaux potentiels sur tout le chemin parcouru par un produit, de l’extraction des matières premières qui le compose jusqu’à son élimination réelle», explique le syndicat. C’est-à-dire, le cycle de vie suivant : la collecte des déchets à recycler, le tri de ces déchets, la production des matières premières de recyclage, la transformation des matières premières recyclées, la production évitée de matériaux intermédiaires d’origine fossile ou naturelle, la collecte et la fin de vie évitée grâce à la mise en place d’une filière de recyclage. Deux indicateurs sont analysés : l’effet de serre et la consommation d’énergie primaire, sur les dix filières les plus représentatives du marché : métaux non ferreux, papier, carton, verre d’emballage, plastiques PEHD et PET d’emballage, textiles, granulat et ferrailles.

 

En 2014, le gain d’énergie sur les dix filières étudiées représente 124 tWh, soit 18 réacteurs nucléaires en France, qui équivaut à la consommation électrique de 80% des foyers français. Pour deux matériaux importants du secteur de l’emballage - le verre et le carton -, l’étude démontre que le calcin consomme cinq fois moins d’énergie que le verre primaire sur l’ensemble de son cycle de vie, et qu’il faut deux fois plus de fibre pour fabriquer du carton à partir de fibres vierges qu’à partir de carton recyclé. Le bilan énergie le plus remarquable se trouve dans la comparaison entre la filière première et la filière de recyclage de l’aluminium. Le gain d’énergie est de 40 869 kWh par tonne de matière collectée.
Quant au logiciel, sorte de «calculette environnementale des impacts», grâce auquel l’étude a été réalisée, il offre un panorama de toutes ces filières de recyclage. Il peut analyser des produits multi-matériaux, et est adaptable dans tous les pays européens. Il sera d’abord démultiplié au sein des adhérents du syndicat afin de le tester en interne. Puis, il sera mis à disposition gratuitement pour les administrations françaises afin de «démocratiser les éléments de base sur le dérèglement climatique». Une version experte existe ; payante, elle est réservée aux industriels.

 

«Cette étude est particulièrement intéressante pour mesurer les différents impacts de la filière recyclage. Car faire reconnaître sa valeur ajoutée permet, d’un point de vue fiscal, d’encourager les entreprises à consommer en priorité les matières recyclées, mais aussi de démontrer leur caractère incontournable pour atteindre l’objectif de la France de diminuer par quatre ses émissions carbone en 2050» a souligné Jean-Philippe Carpentier, président de Federec, lors de sa présentation.