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N° 643 - Packaging - Alimentaire/Dossier

 

 

 

Le bouchon solidaire, objet de toutes les attentions
D’ici 2024 en Europe, les bouchons devront être dotés d’un système leur permettant de restés attachés à la bouteille. Cette évolution est lourde de conséquence pour les acteurs du marché. Les fournisseurs étudient des solutions à vis ou à encliqueter, avec différentes découpes. Les enjeux sont multiples : trouver un système efficace, économique, intuitif, et qui ne perturbe pas le consommateur.

 

Suite à l’adoption de la directive sur les plastiques à usage unique, les contenants pour boissons d'une capacité maximale de trois litres (bouteilles et emballages composites) ne pourront être mis sur le marché, à partir de 2024, que si leurs bouchons et couvercles restent attachés au corps principal du récipient lors de la phase d'utilisation prévue des produits. Selon une étude menée par Pricewaterhouse Coopers en 2018 pour le compte l’Unesda (regroupant les associations européennes de producteurs de boissons) et l’EFBW (la fédération européenne des eaux embouteillées), le coût de la mise en conformité à la législation pour les acteurs du marché est estimé à un minimum de 2,7 milliards d’euros, un montant qui pourrait grimper pour atteindre 8,7 milliards d’euros. La directive est entrée en vigueur en juillet 2019, mais les normes de conception n'ont pas encore été arrêtées. Le 3 octobre 2019, la Commission de l'UE a demandé aux organismes européens de normalisation d'élaborer des normes harmonisées. «La législation sur les bouchons solidaires ne fixe pas la force d’arrachage à laquelle le bouchon cède si l’on tire dessus pour l’enlever : est-ce à hauteur de 15, 20 ou 25 newtons par exemple ? (N - unité de mesure de la force, NDLR)», souligne Augustin de Tilly, directeur marketing et développement pour la division Beverage d’Aptar Food + Beverage. Si la législation dessine les grandes lignes, ce sont aux associations interprofessionnelles comme le CETIE – réunissant une communauté d’experts actifs dans le domaine de l’embouteillage industriel – d’en faire la traduction technique pour obtenir une norme et définir la valeur de cette force d’arrachage.

 

«En Californie, une loi sur les bouchons solidaires est en préparation – et trois autres états américains réfléchissent à une nouvelle loi également. Le Canada a adopté une politique similaire à celle de l’Europe sur le plastique à usage unique. Et cela arrive dans d’autres pays : Mexique, Brésil, Chine… Je pense que d’ici trois ans, le monde réclamera ce genre de bouchons. Il n’y a pas besoin de loi pour cela», assure Michael Maguire, fondateur et président de la société américaine ThisCap, spécialisée dans le design de bouchons. Celle-ci a commencé à développer son concept en 2014 (voir encadré p.22). «Nous sommes la première société à proposer un bouchon attaché pour des boissons carbonatées ou remplies à chaud, ainsi que pour d’autres types de boissons ou de bouteilles. Je suis initialement designer de produits. Quand j’ai vu la quantité de bouchons perdus sur la plage, j’ai décidé de travailler sur une solution. Dans le monde, plus de 6,5 milliards de bouchons en plastique sont ouverts chaque jour, et seulement 10% d’entre eux sont recyclés», ajoute-t-il. «Le fait d’attacher le bouchon à la bouteille devrait favoriser sa collecte. Un bouchon collecté a ensuite plus de chance d’être recyclé», renchérit Augustin de Tilly.

 

 

 

 

 

Tethered caps are a major concern
In Europe by 2024, it will be compulsory to put tethered caps on beverage bottles. This evolution has many consequences for the market actors. Caps manufacturers are looking for solutions that can be snapped or screwed. They have to face multiple challenges: find efficient, economical, intuitive systems, which will not be disturbing for consumers.

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°643 - Novembre 2019