N° 621 - Packaging - Focus

 

 

L’enjeu de la recyclabilité des emballages
Côté pouvoirs publics, la réglementation se resserre avec les nouveaux critères d’éco-modulation qui vont être applicables au tarif de l’éco-contribution 2018. Côté industriels, les initiatives pour favoriser cette recyclabilité se multiplient comme le montrent les nombreux exemples relevés par le Cotrep et dont certains sont repris dans cet article. Initiatives aussi pour créer des filières de recyclage comme celle initiée par Total pour le polystyrène-PS et celui du PET opaque par LSDH et Paprec.

 

Le dernier Avis du Ministère de La Transition Ecologique et Solidaire, publié début juillet, concernant l’éco-modulation qui sera applicable au tarif de contribution 2018, se veut plutôt encourageant avec le maintien du bonus de 8% sur la contribution totale de l’UVC-Unité de vente consommateur dès lors que le concepteur remplace des emballages rigides complexes plastiques par des emballages rigides mono-résine améliorant ainsi leur recyclabilité ; ou intègre une pré-découpe sur le manchon plastique (en PET, PEHD ou PP couvrant plus de 60% de la surface de l’emballage considéré). Un bonus qui peut même aller jusqu’à 12% pour les emballages plastiques ciblés dans les consignes de tri et qui disposent d’une filière de recyclage.

 

Plus de 30 milliards d’emballages sont aujourd'hui porteurs de l’Info-tri Point Vert ou d’une consigne de tri, indique Eco-Emballages qui ajoute «les entreprises qui se sont engagées à apposer ces messages ont bénéficié, au global, de près de 21 millions d’euros de bonus».
C’est en revanche un malus qui s’applique pour les emballages ménagers non recyclables. Une majoration de 100% de la contribution totale de l’UVC-Unité de Vente Consommateur concernée est appliquée aux emballages inclus dans les consignes de tri nationales (hors extension), mais sans filière de recyclage (ex. : bouteille plastique autre que PET, PEHD ou PP, verre autre que sodocalcique). Cette majoration ne s’applique pas aux emballages en plastique autres que bouteilles et flacons.

 

Une majoration de 50% de la contribution totale de l’Unité de Vente Consommateur-UVC concernée est prévue pour les emballages jugés comme perturbateurs pour le geste de tri, le tri ou le recyclage. Une majoration de 100% de la contribution au poids au titre du matériau plastique est appliquée aux emballages rigides en PET opaque dont le corps contient un taux d’opacifiants minéraux > 4%.

 

Dans ce contexte il y a des documents à mettre entre toutes les mains, comme celui édité par le Cotrep «Recyclabilité des emballages plastiques» que doit avoir sur son bureau tout bon concepteur d’emballage digne de cette qualité, et tout utilisateur d’emballage (marques nationales comme MDD). Ce guide pratique est publié avec le soutien d’Elipso, Eco-Emballages et Valorplast qui ont créé en 2001 le Comité Technique pour le Recyclage des Emballages Plastiques-Cotrep pour aider les industriels à prendre en compte le recyclage dès la conception de leurs emballages. Comme l’illustre les nombreux exemples qu’il a identifiés et dont nous en citons quelques uns.

 

En France, près de 1,2 million de tonnes de plastique sont utilisées pour les emballages des produits du quotidien. Aujourd’hui, si les bouteilles affichent le plus fort taux de recyclage, les pots, barquettes et les films sont très très loin derrière avec 1%. En 2030, les taux passent (ou passeront !) à deux chiffres (tableau ci-contre).

 

Ce qui devrait être plus facile à atteindre avec la généralisation des consignes de tri des emballages plastique sur l’ensemble du territoire en 2022, comme le stipule la loi de Transition énergétique. A date (fin 2016), seuls 15 millions d’habitants sont concernés par cette extension des consignes de tri.


 

Extrait de l'article paru dans ED/N°621 - Septembre 2017