SteelForPackaging
   
N° 641 - Packaging - Focus



 



Soprema inaugure la première usine de recyclage de PET complexes
Jusqu’à présent collectés mais non recyclés faute de procédés satisfaisants, les emballages en PET complexes ne trouvaient aucune filière de valorisation. C’est désormais chose faite avec SopraLoop, la première filière de recyclage de ces matériaux, déployée en France par le groupe Soprema, spécialiste des solutions pour bâtiments responsables.

 

Barquettes, bouteilles opaques (lait, huile, jus, etc.) mais aussi flacons de shampoings ou de gels douches alimentent quotidiennement par bâle d’un mètre cube le site Sopraloop, situé à Strasbourg. Grâce à un partenariat avec Citeo qui encadre l’arrivée de ces flux (voir encadré p.7), complété par un approvisionnement en Allemagne, le groupe Soprema a ainsi prévu de recevoir 3000 tonnes d’emballages en PET complexe pour sa première année de lancement. Une goutte d’eau au regard des 200 000 tonnes de PET complexes mis sur le marché chaque année en Europe, et dont seulement la moitié est collectée mais sans être recyclée. «Ces déchets ménagers partaient au final à la décharge ou à l’incinération sans être valorisés. Les packagings multicouches mais aussi les additifs pour colorer ou rendre opaques ces PET, ou encore la présence de full sleeve constituaient un frein technique à leur recyclage», explique Matthieu Chalier, directeur d’usine.

 

Un procédé en deux phases
Une fois ces flux de PET complexes réceptionnés, ceux-ci passent sur une première ligne de recyclage mécanique, puis par une machine Tomra pour un tri optique afin d’éliminer les possibles contaminants. Un premier filtre qui permet d’éliminer 25% d’impuretés. Les 75% de matières réellement utilisables sont à leur tour broyées et lavées pour être transformées sous forme de paillettes avant de subir une dernière étape de séparation densimétrique pour supprimer les contaminants résiduels. S’en suit la 2e phase du procédé : le recyclage chimique en deux étapes, qui consiste dans chaque réacteur de 10 tonnes à l’ajout d’additifs sous haute température. «Nous récoltons ainsi la matière finale : le polyol qui nous sert à la fabrication de panneaux isolants en mousse de polyuréthane pour le bâtiment, par nos deux sites de production à Saint-Julien-du-Sault en France et à Hof en Allemagne», précise Matthieu Chalier. A partir des 3000 tonnes de PET complexes traités, Soprema projette la fabrication de 5500 tonnes de polyol en 2019, puis de 10 000 tonnes d’ici 2 à 3 ans. «Aujourd’hui, nous substituons le polyol vierge par ce polyol recyclé à hauteur de 50% dans nos panneaux, pour atteindre nous espérons bientôt les 100%. Il nous reste pour cela à mieux maîtriser la variabilité des caractéristiques physico-chimiques de ce polyol recyclé», projette Soprema.

 

 

 

 

 



 

Extrait de l'article paru dans ED/N°641 - Septembre 2019