N° 621 - Packaging - Parfumerie&cosmétique/Tendances

 

 

 

 

Développement durable : L’Oréal met en ligne une plateforme de formation
A l’occasion de la présentation du bilan 2016 de l’engagement de L’Oréal concernant le développement durable défini notamment avec le programme mondial «Sharing Beauty With All» lancé en 2013, Alexandra Pratt, directrice de ce programme pour le groupe, a annoncé que 100% des fournisseurs stratégiques seraient évalués et sélectionnés sur la base de leurs performances environnementales et sociales en 2020, date des objectifs fixés par le programme. 83% l’étaient en 2016. Parmi les cinq piliers de performance, le pilier RSE (1) représente 20% de l’évaluation totale et couvre tant la dimension environnementale que sociale grâce à une série de critères dont, notamment, la capacité à proposer des produits et services responsables (chimie verte, PLV ou emballages éco-conçus, etc.). L’Oréal met également à disposition de ses fournisseurs des outils de formation continue. Une plateforme de formation en ligne dédiée (série d’outils de partage de bonnes pratiques et de formation - vidéos, learnings, boîtes à outils) a été lancée fin octobre 2016. Dans un premier temps, elle est accessible aux fournisseurs stratégiques, mais va être progressivement déployée. Fin 2016, plus de 150 fournisseurs s’y étaient déjà connectés et plus d’une centaine d’heures de formation en ligne a été effectuée. Le groupe leur demande également de travailler avec le CDP (2), dans le cadre du programme CDP Supply Chain. En 2016, 291 fournisseurs ont engagé une telle démarche (contre 237 en 2015).

 

Tout comme 100% des produits L’Oréal auront amélioré leur profil environnemental ou social en 2020, 82% lancés en 2016 avaient amélioré le leur. Cette amélioration qui concerne toutes les marques du groupe vise à la fois l’éco-conception des formules : notamment une liste plus courte des composants, le plus possible de matières d’origine végétale (3), leur biodégradabilité, et la préservation de la qualité d’eau après usage, «ce qui veut dire leur capacité à être dégradé par les micro-organismes présents dans la nature» a souligné Laurent Gilbert, directeur de l’Innovation Durable.
Ainsi, Kerastase s’est engagé sur la naturalité avec sa gamme Aura Botanica, ou Garnier avec sa gamme végétale Garnier Skin Active avec plus de 96% d’ingrédients d’origine naturelle.

 

Cet engagement vise aussi le packaging, et le groupe poursuit là aussi son engagement autour de trois leviers : réduire la quantité des matériaux, améliorer leur profil avec l’emploi notamment de plastique recyclé (PCR) et de matériaux biosourcés, et la vie après usage du packaging, a souligné Philippe Bonningue, directeur international du packaging responsable.

 

Ainsi, 57% des produits nouveaux ou rénovés ont présenté, l’an dernier, un profil environnemental amélioré, grâce à un emballage dont l’empreinte environnementale a été réduite. 7 050 tonnes de matériaux recyclés ont été utilisées en 2016. Ce processus global et systématique d’éco-design concerne aussi les emballages de transport. Cette démarche a été étendue aux matériels de publicité sur le lieu de vente (PLV) depuis 2015. 80% des PLV sont éco-conçues permettant ainsi d’utiliser la juste quantité de matériaux et plus de recyclables. Le regroupement des expéditions a aussi assuré un meilleur remplissage, permettant ainsi de réduire les impacts négatifs sur l’environnement. Pour les emballages en papier et carton, 97% du papier des notices, 99% du carton des étuis et 89% du papier-carton utilisé en PLV étaient certifiés (FSC ou PEFC). Ainsi, en réduisant de 58% le poids de ses tubes, Casting Crème Gloss de L’Oréal Paris a réduit de 136,3 tonnes la consommation de packagings.

 

Les flacons de la gamme végétale de Garnier sont 100% recyclables et ceux de Aura Botanica en plastique 100% recyclé. Leur allègement a permis d’économiser 45 tonnes de matériaux. Cette substitution de matériaux recyclés concerne aussi le verre. Ainsi, Lancôme, L’Oréal Paris, L’Oréal Professionnel, Roger & Gallet, The Body Shop ou Vichy utilisent jusqu’à 25% de verre recyclé. L’allégement de 15% sur les caisses de transport des flacons de shampoing Elsève de L’Oréal Paris a représenté une économie de 103,4 tonnes de carton ondulé. Quant au PVC que le groupe s’est aussi engagé à supprimer l’an dernier, il ne représente plus que 0,03% du plastique utilisé par le groupe. L’élimination complète sera atteinte cette année, indique la direction.
L’Oréal travaille également sur des packagings grand format ou rechargeables. Par exemple, la marque japonaise Shu Uemura a innové en 2016 avec des palettes de maquillage rechargeables Eye Shadow & Blush, qui sont conçues sans adhésif ni aimant.
Pour L’Oréal, «l’optimisation des emballages constitue un levier essentiel, pour un bénéfice perçu par le consommateur équivalent, voire
supérieur».

 

(1) Les autres piliers étant : qualité, supply chain et service, innovation et compétitivité. (2) CDP : organisation internationale indépendante qui évalue la performance environnementale des entreprises. (3) Aujourd’hui, les matières premières d’origine végétale constituent 54% de son portefeuille.

 

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°621 - Septembre 2017