N° 636 - Packaging - Parfumerie&cosmétique/Tendances

 

 

 

 

Réduire l’empreinte environnementale des flacons de parfum
Le verre est majoritairement le matériau des flacons de parfum. Si les re-remplir permet de réduire leur empreinte environnementale, peu de marques «classiques» ont suivi Thierry Mugler qui a initié la fontaine à parfum, en revanche beaucoup de marques de niche ont a contrario mis le re-remplissage au coeur de leur concept comme The Different Company, By Kilan, Vuitton… Rappelons que plusieurs fabricants proposent des solutions à vis permettant précisément le re-remplissage.

 

Trois Millenials européens sur quatre préfèrent le verre, notamment pour son aptitude à préserver la qualité de la fragrance et ses propriétés environnementales, selon une étude (1) de la Feve, la Fédération européenne du Verre d’emballage, qui a été présentée au dernier salon PCD.

 

Mais si le verre est recyclable à l’infini, les flacons et pots du secteur de la parfumerie/cosmétique - lorsqu’ils sont décorés - ne sont pas tous forcément recyclables dès lors qu’ils ont reçu un décor opaque (certains laquages, métallisation…). «Un verre opaque est un frein à la recyclabilité» avertit la Fédération. Pour être recyclé, il doit être translucide et laisser passer la lumière. A date, les capteurs optiques ne sont pas capables d’identifier le matériau qui, précisément, ne laisse pas passer la lumière. La Feve et Verescence travaillent sur cette problématique.

 

Considéré comme le matériau éco-friendly par excellence, certains verriers proposent des verres intégrant une part de recyclé post-consommation, initiative qui réduit le bilan carbone des flacons et contribue à valoriser les déchets… Mais examinons les chiffres (en grandes masses), tempère Gérald Martines -in-signes. «Pour un flacon, le bilan carbone typique réside à 30% dans les matériaux constitutifs du verre et à 70% dans l’énergie pour amener le verre en fusion, dit-il. Une part de PCR ne change pas le besoin en énergie pour sa transformation. Il est aujourd’hui techniquement difficile de dépasser le seuil d’environ 20% de verre PCR, sans dégrader les qualités optiques du verre et sans qu’il devienne impropre à répondre aux critères des marques de luxe. On pourra donc espérer une réduction du bilan carbone de l’ordre de 20% x 30%, soit 6% au mieux».

 

Selon le fondateur de la société de consulting strategy marketing et innovation, les verriers équipés de fours électriques peuvent aussi agir sur les 70% de part énergétique en s’approvisionnant en électricité verte. «Mais verte ou noire, c'est beaucoup d’énergie qui part en décharge ou en recyclage à la fin de l’utilisation unique (majorité des cas) du flacon. Et de fait, peu de marques encore choisissent d’utiliser ces verres partiellement PCR» regrette G. Martines.

 

(1) Menée en ligne en octobre 2018, l’étude commandée par la FEVE a été réalisée par InSites Consulting, auprès de consommateurs âgés de 18 à 34 ans (75% de femmes et 25% d’hommes) en France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni. 2030 réponses ont été collectées.

 

 

 

 

Le Glass Coat 2.0 : une large possibilité de décor
L’ACV-analyse de cycle de vie du procédé QGC-Quality Glass Coat 2.0 de Stoelze Masnières Parfumerie, qui consiste à couvrir par poudrage le flacon, révèle une réduction de CO2 de 77%, assure le verrier. L’ACV, qui a été réalisée par la société EVEA, porte sur la performance d’un an de finition du verre à Masnières. Parmi les points forts du procédé d’un point de vue développement durable, le verrier met en avance la non consommation de gaz, une consommation d'énergie générale inférieure (-40 %) par rapport au procédé de peinture liquide (laquage), pas d'émissions de VOC. STO peut également «repoudrer» le flacon pour effacer l’ancien décor, tout comme il est possible sur un verre opaque d’enrichir le décor avec le Glass Coat. Ou de l’utiliser comme technique de surimpression. Dans tous les cas, Stoelze Masnières Parfumerie assure que cette technique de décoration ne perturbe pas le recyclage du verre.

 

Quali Glass Coat 2.0 : a new process reducing the finishing carbon. The relevance of the QGC 2.0 process compared to traditional liquid paint process was assessed through Life Cycle Assessment (LCA).
This work, carried out by the independent firm EVEA, involves evaluating the environmental performance of 1 year of glass finishing at Stoelzle Masnières, considering 10 impact indicators on water, soil and air.
 A technology that brings a new finish to the market, a differentiation that liquid spraying cannot bring.
The coverage rate is higher than traditional lacquering, it masks certain defects and provides better mechanical resistance. The strengths of this process are no gas consumption, lower overall energy consumption (-40%) compared to liquid paint process, no voc emissions.

 

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°636 - Mars 2019