Texte AlternatifLorsque les aliments s'en accommodent, les pommes de terre par exemple, rien de tel, du point de vue environnemental, qu'un sachet en papier ! A condition bien sĂ»r qu'il s'agisse d’un emballage recyclable et pas d'un complexe composĂ© de plus de plastique que de papier. «C'est le drame actuel du packaging, dĂ©plore GrĂ©goire Duvot, directeur gĂ©nĂ©ral d'IMA Ilapak France : croyant bien faire, le consommateur Ă©co-concernĂ© Ă©cartera de son panier un produit emballĂ© dans un sachet en mono-matĂ©riau plastique recyclable, pour jeter son dĂ©volu sur un autre produit dont l'emballage soi-disant en papier aura sans doute un impact environnemental bien plus sĂ©vère». Parmi les nombreuses raisons qui auront poussĂ© le fabricant du deuxième produit Ă  faire le choix du complexe, il y a la fragilitĂ© du papier, synonyme a priori de faibles cadences d'ensachage.

Objectif 100% papier
Texte AlternatifUne situation qui est toutefois en train d'Ă©voluer, explique Stephan Lassoudry, directeur gĂ©nĂ©ral de Rovema France : «le papier est un domaine dans lequel, Ă  force d'essais, nous avons bien avancĂ©. Pour rapprocher les vitesses possibles avec ce matĂ©riau de celles qui sont couramment pratiquĂ©es avec le plastique, nous avons notamment remplacĂ© l'inox des conformateurs – l'organe qui confère au film une forme de tube – par un mĂ©tal rĂ©duisant les frictions. Et nous sommes rĂ©cemment parvenus Ă  des rĂ©sultats très satisfaisants avec un film 100% papier, hormis bien entendu le scellant dĂ©posĂ© Ă  l'endroit prĂ©vu Ă  cet effet». Encore en dĂ©veloppement, ce procĂ©dĂ© pourrait se concrĂ©tiser prochainement sous la forme d'un système intĂ©grable aux ensacheuses de la gamme actuelle, en particulier la SBS, machine «vedette» de Rovema. Stephan Lassoudry prĂ©vient toutefois que les cadences accessibles seront nĂ©cessairement en baisse par rapport au plastique, ne serait-ce qu'en raison des moindres capacitĂ©s de transfert thermique du papier, qui obligent les machines Ă  augmenter le temps de scellage.

Améliorations tous azimuts
L’adaptation des ensacheuses aux caractĂ©ristiques mĂ©caniques du papier suscite Ă©galement d'importantes recherches chez IMA Ilapak. «Nous disposons dorĂ©navant de configurations machines capables de traiter en vertical des bases papierĂ  des cadences de 50 coups/minute, donc proches des exigences industrielles, alors que nous en Ă©tions plutĂ´t Ă  20 ou 25 coups/minute il y a un an», se fĂ©licite GrĂ©goire Duvot. Sans dĂ©voiler tous ses secrets, le dirigeant Ă©voque des modifications autour des conformateurs mais aussi des molettes d'entraĂ®nement, des mâchoires, du type de scellage, etc. «Nous avons peu Ă  peu constituĂ© une Ă©norme base de donnĂ©es expĂ©rimentales qui nous aide Ă  entrevoir plus rapidement la solution adaptĂ©e Ă  la problĂ©matique de chaque client, en fonction du film souhaité». S'agissant du client justement, pour ce type de projet, il importe d'associer dès le dĂ©part les Ă©quipes marketing afin de bien dĂ©finir l'objectif, insiste-t-il. «S'agit-il d'une simple opĂ©ration de communication autour de l'emballage papier, ou d'un vĂ©ritable projet d'Ă©co-conception ? Mieux vaut que nous le sachions car sinon le risque est grand de perdre du temps sur des obstacles techniques finalement secondaires».

Extrait de la revue n° 650 - Août/Septembre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support