Texte AlternatifA l’ère de l’Usine du futur, l’être humain reste la machine la plus perfectionnĂ©e qui soit, et le domaine du contrĂ´le qualitĂ© par la vision ne fait pas exception Ă  la règle. La preuve, ce sont les fabricants de machines qui le disent ! «Il y a 360 millions de travailleurs en usines dans le monde… et 35 millions font de l’inspection visuelle. Il est donc faux de dire que la vĂ©rification de la qualitĂ© d’un produit par l’œil humain est en voie de disparition», estime ainsi Anthony Ragot, Global account manager de l’entreprise amĂ©ricaine Cognex, un des leaders mondiaux de la vision artificielle pour l’industrie. Pour Olivier Fort, gĂ©rant de l’entreprise française O2Game, qu’il dĂ©finit comme une «sociĂ©tĂ© plutĂ´t intĂ©grateur de solutions que paramĂ©treur de camĂ©ras», l’être humain est supĂ©rieur car il n’est pas qu’un Ĺ“il. «Un opĂ©rateur est capable de prendre le produit, de changer d’angle, de se dĂ©placer pour avoir une lumière diffĂ©rente et se faire son avis dĂ©finitif sur la rĂ©alitĂ© d’un dĂ©faut. Il manque Ă  la machine la contextualisation du positionnement d’objet, alors que l’humain va intĂ©grer un ensemble d’histoires, de vĂ©cus». Mais ceux qu’on appelle les "trieurs" ont aussi des dĂ©fauts se mariant mal Ă  la rigueur industrielle. C’est en tout cas l’avis de Jean-Luc Logel, prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© lyonnaise IRIS Inspection Machines, spĂ©cialiste du contrĂ´le camĂ©ra pour les emballages en verre : «trois raisons font que le contrĂ´le par l’œil humain va progressivement disparaitre. D’abord, le coĂ»t de la main d’œuvre. Ensuite, l’augmentation des cadences qu’un opĂ©rateur ne peut plus assurer au-delĂ  d’un certain rythme. Et enfin, l’homme est moins fiable qu’une machine. Dans la durĂ©e, il se fatigue».

Le verre, vivant et imparfait
Texte AlternatifDans les secteurs parfumerie/cosmĂ©tique et pharmacie, la machine peut-elle prendre le relais de l’être humain pour l’inspection visuelle des contenants en verre ? La question est d’importance pour Olivier Fort : «le verre est un matĂ©riau vivant. Ainsi, un flacon aura des variations non nĂ©gligeables de taille et volume car la fonte n'est pas parfaite et le matĂ©riau Ă©volue». Pour le dirigeant d’O2Game, le choix entre humain et machine va ĂŞtre fonction de la situation : «plus on rentre dans le luxe et la notion de produit parfait, plus l’industriel a des marges pour du contrĂ´le humain, qui sera fiable car il aura moins de quantitĂ© Ă  analyser. De plus, l’inspection peut ĂŞtre liĂ©e Ă  des corrections, par exemple une trace de doigt que l’opĂ©ratrice va effacer avec un chiffon. Mettre un tel contrĂ´le en place sur une machine sera très lourd. Si, au contraire, il y a du dĂ©bit et pas de manipulations complexes associĂ©es, il va ĂŞtre possible de travailler sur diffĂ©rents types de camĂ©ras pour arriver Ă  repĂ©rer l’essentiel des dĂ©fauts que le client veut voir».

Extrait de la revue n° 650 - Août/Septembre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support