Texte AlternatifS’il est un sujet sur lequel les spécialistes du thermoscellage/ thermoformage et les vendeurs de films avancent main dans la main, c'est bien celui des emballages hybrides (carton/plastique) destinés au conditionnement skin ou MAP. A défaut de supprimer totalement le plastique, ce qui reviendrait à se passer de ses propriétés de barrière, l'idée est d'en ramener la part dans l'emballage en deçà de 50%, afin que celui-ci devienne éligible au recyclage dans la filière papiers-cartons.

Pour les industriels de l'agroalimentaire, il serait toutefois difficilement acceptable que cette évolution implique nécessairement de nouveaux investissements dans l'outil de production. D'où l'élaboration de partenariats entre les fabricants d'operculeuses et de thermoformeuses, les producteurs de films plastique et les cartonniers, tous désireux de rester dans le domaine des équipements «standard», hormis bien entendu l'adaptation des outillages.

Collaboration tripartite
C’est ainsi qu'est né par exemple le concept Flatskin®, breveté par le constructeur Sealpac mais codéveloppé avec Wentus Kunststoff pour la partie plastiques et VG (Van Genechten Packaging) pour le support cellulosique. «L'adoption d'une plaque à base de papier et de carton a contribué à réduire de 75% la part du plastique dans l'emballage», se félicite Romain Grosset, développeur d'affaires chez VG. Un résultat également à mettre à l'actif de Wentus qui, de son côté, a notablement réduit le grammage du plastique restant. «Pour le liner, nous sommes passés d'un complexe de 62 microns d'épaisseur (64 grammes/m2) à un film co-extrudé de 50 microns (25% plus léger) élaboré sur une base polyoléfine avec moins de 10% d'EVOH. Cette proportion permet de profiter pleinement des propriétés de barrière de l'EVOH sans pour autant sortir du flux polyoléfine lorsqu'un recyclage sera organisé en France», indique Erwan Cadoret, responsable des ventes de Wentus pour la France.

Servo-motorisation conseillée
De même, la possibilité d'un recyclage a fait partie des priorités dans la formulation du film supérieur (skin). Les structures multicouches habituelles ont là encore laissé place à une base polyoléfine avec EVOH. S'agissant des machines, le procédé Flatskin® s'avère compatible avec l'ensemble des operculeuses Sealpac de la gamme A, qu'elles soient pneumatiques (A4 et A5) ou bien servo-motorisables (A6 et suivantes). «Nous n'avons pas conçu de machines dédiées à ce nouvel emballage mais des outillages spécifiques, complétés par une multitude de petites optimisations, pour partie validées en conditions réelles avec les clients dans notre Experience Center d'Oldenburg (Allemagne)», insiste Thomas François, responsable commercial pour le Nord et l'Est de la France. Néanmoins, le représentant de Sealpac conseille vivement la servo-motorisation dans le cas de produits alimentaires susceptibles de glisser à la surface des plaques avant le scellage. «Les cartons étant dépourvus de rebords, le contrôle de la transitique est primordial, et l'on sait que ce n'est hélas pas le point fort du pneumatique…».

Extrait de la revue n° 651 - Octobre 2020. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support