Texte AlternatifD’une certaine façon, l’interface homme-machine (IHM) est un peu la «marque de fabrique» d’un constructeur, l’une des différences immédiatement perceptibles par rapport à la concurrence. D’où le soin et l’extrême prudence avec lesquels s’opère leur refonte lorsqu’elle s’avère nécessaire. Tel est le projet auquel Thierry Deau, directeur technique de Serac, s’est attelé dès son arrivée dans l’entreprise, il y a trois ans. «Il s’agit vraiment d’un travail de longue haleine, toujours en cours d’ailleurs, le principal défi étant de concilier la simplicité d’utilisation pour les opérateurs et la sophistication croissante des machines». Pour lui, l’objectif est de faire en sorte qu’un nouvel embauché ne connaissant rien – ou quasiment rien – aux machines Serac puisse néanmoins les prendre en main pas à pas, de façon intuitive, sans lecture de la notice. Exactement comme ce serait le cas avec un smartphone, et cela malgré la diversité des opérations (soufflage de bouteilles, remplissage, bouchage…) possibles sur une ligne. «Les ingénieurs automaticiens peuvent avoir tendance à concevoir des IHM qui correspondent davantage à leur propre background technique qu’à celui des opérateurs. Pour éviter cet écueil, nous avons fait appel à une architecte d’Orange Business Services qui a revu le parcours utilisateur et l’ergonomie en allant directement chez les clients», raconte le directeur technique.

Une passerelle pour le 4.0
Texte AlternatifRestait à valoriser ce travail dans le logiciel de l’IHM, la question étant alors de choisir entre un développement 100% interne, comme par le passé, et le recours à une solution personnalisable du marché. «Après mûre réflexion, nous avons retenu un logiciel du commerce et doublé l’effectif de l’équipe de développement en embauchant trois informaticiens», précise Thierry Deau. Car la mise au point de cette nouvelle IHM est aussi l’occasion pour Serac de rentrer véritablement dans l’ère du 4.0 avec de nouvelles fonctions de prédiction de pannes, d’autodiagnostic, etc. «L’IHM, c’est le point de convergence entre l’OT (Operational Technology), autrement dit la machine, et l’IT (Information Technology), c’est-à-dire l’environnement informatique et le cloud. C’est donc elle qui porte en quelque sorte nos ambitions dans le 4.0. D’où la nécessité d’un développement non seulement pointu mais ininterrompu, l’IHM devant en permanence s’adapter à l’évolution des besoins».

Extrait de la revue n° 662 - Octobre 2021. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support