Le secteur hygiène/beauté, qui contribue à hauteur de 7% des emballages plastiques ménagers (soit environ 77 740 t), a ses propres objectifs.
• Réduction : 15-20
% • Réemploi (incluant les emballages industriels et commerciaux) : 15-20
% • Recyclabilité / Recyclage : 100
% • Réincorporation de matière recyclée : 10-25
%

Ces objectifs sont très ambitieux pour une filière composée à 80% de TPE-PME même si très innovantes et depuis toujours impliquées dans les questions environnementales. Les grands groupes ont d’ores et déjà intégré ces objectifs en investissant dans la réduction absolue de matière plastique et la recyclabilité des emballages ou dans le développement de solutions « vrac ». Il est cependant plus difficile pour les PME de porter seules les investissements nécessaires pour atteindre ces objectifs au regard des enjeux techniques et économiques.

Quels leviers ?
La première étape est le recensement et la caractérisation des emballages, afin d’identifier les leviers prioritaires à actionner. En fonction de leurs typologies et de leur nombre, l’entreprise peut, dans un premier temps, se focaliser sur ses emballages stratégiques.

Réduction
Au-delà de la réduction absolue, le plastique peut être substitué par du verre, de l’aluminium et des matériaux biosourcés comme la fibre cellulosique à condition de respecter :
• Les principes généraux d’écoconception : limiter les transferts d’impacts environnementaux (1), ne pas transformer un emballage plastique mono-matériau recyclable en un emballage multi-matériaux non recyclable, …
• La compatibilité avec les lignes de conditionnement.

Réemploi
De plus en plus proposée, la recharge (emballage fille) permet de réduire l’utilisation du plastique en remplissant un emballage mère. Des contraintes formulatoires persistent notamment au niveau de la stabilité des formules. Pour autant, le principal critère à évaluer est la recyclabilité de la recharge. A noter que des discussions demeurent au niveau des autorités pour valider si ce système répond aux objectifs 2025 de réemploi et s’il est exclu de l’objectif 2040 lorsqu’il est en plastique. La mise en place du vrac dépend de critères économiques et techniques :
• Stabilité physique et microbiologique des produits,
• Minimum de volumes de vente sur des secteurs géographiques donnés (viabilité économique),
• Définition minutieuse du système opérationnel (expérience consommateur qualitative).
La consigne doit également remplir de nombreuses conditions pour démontrer son efficacité, notamment au niveau de la standardisation des emballages consignés et du développement des filières de collecte, de lavage et de conditionnement (transport limité des emballages vides).

Recyclablité / recyclage
Seulement 25% des déchets plastiques sont recyclés. Pour améliorer ce taux, les metteurs sur le marché doivent s’assurer de la recyclabilité de leurs emballages, c’est-à-dire de l’existence de filière de collecte, de tri et de recyclage (emballages mono-matériau, limitation des perturbateurs de tri et de recyclage).
Une sensibilisation des consommateurs au geste de tri est également une des responsabilités des marques cosmétiques. A cet effet, depuis le 1er janvier 2022, elles sont tenues d’apposer le marquage Info Tri sur tous les emballages destinés aux ménages français que l’emballage se recycle ou non. Tout emballage ou partie d’emballage cosmétique est concerné, y compris le verre.

Réincorporation de matière recyclée
Si le rPET (grade alimentaire) est de plus en plus utilisé, l’incorporation d’autres résines comme le rPE ou le rPP n’est pas systématique du fait de problématiques sanitaires (interactions contenant/contenu, origine, qualité) et techniques (variabilité des lots, résistance mécanique, impact esthétique). Une collaboration étroite avec les fournisseurs d’emballages est nécessaire pour s’assurer de la conformité réglementaire (REACH, CMR, directive 94/62) et de l’obtention des données de screening NIAS quali/quanti et des procédés de recyclage/décontamination.

Quels moyens ?
La mutualisation des données et des moyens est une solution pour aider les entreprises à adresser ces quatre enjeux. Cosmed est partenaire des trois régions Aura, Paca et Occitanie, dans le financement et la mise en œuvre concrète de programmes d'innovation sur la durabilité des emballages cosmétiques.
• En Auvergne-Rhône-Alpes, le consortium cosmétique/plasturgie Cosmebooste a pour objectif de doter la filière cosmétique d’une méthodologie et d’outils d’évaluation de la sécurité sanitaire d’un couple donné « emballage/formule » et permettre l’intégration de matériaux recyclés. Cosmed est l’un des sept partenaires engagés dans ce consortium.
• En Occitanie, le programme DefiPack ou « comment emballer durablement l’innovation », soutenu par Citeo, rassemble des entreprises et des universités sur la recherche de packaging durables.
• Le Consortium de (RE)SET Territoire dédié aux entreprises cosmétiques de la région Sud a pour ambition de coconstruire avec plusieurs industriels un projet pilote de vrac.

(1) Outils d’aide existants (liste non exhaustive) : SPICE (L’Oréal), BEE (CITEO), FEEL (CITEO), TREE (CITEO), Bilan Produit® (ADEME), Eqopack (Quantis).

Extrait de la revue n° 666 - Mars 2022. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support