Une annonce qui devrait accélérer les velléités d’autres investisseurs sur un secteur déjà très convoité, mais dont les projets n’avaient pas encore cette ampleur. Selon Plastics Europe, pas moins de 44 projets sont ou vont être déployés dans 13 pays du marché européen. 3,4 millions de tonnes de matières plastiques pourront être ainsi traitées par le biais de ce recyclage d’ici 2030, prévoit l’association professionnelle. Un chiffre qui deviendrait ainsi significatif au regard des 4 à 5 millions de tonnes de plastiques recyclés mécaniquement tous les ans.

Si l’annonce d’Eastman concerne la technique de dĂ©polymĂ©risation du PET, la pyrolyse reste la technologie la plus rĂ©pandue (environ 80% du recyclage chimique) : ExxonMobil/Plastic Energy Ă  Notre Dame-de-Gravenchon, TotalEnergies/Plastic Energy Ă  Grandpuits, Dow/Fuenix Ă  Weert/Terneuzen (Pays-Bas), Dow/Mura Ă  Teeside (Royaume-Uni), etc. A Chemelot Geleen (Pays-Bas), la nouvelle unitĂ© de pyrolyse de la joint-venture Sabic/Plastic Energy devrait voir le jour fin 2022. Un site Ă  dĂ©couvrir dans notre prochain numĂ©ro dans nos pages Focus. D’autres exemples de projets poursuivent leur dĂ©veloppement : gazĂ©ification (Repsol/Agbar/Enerkem) ou encore dissolution (TotalEnergies/APK). Sur un autre process, Carbios a rĂ©cemment annoncĂ© son partenariat avec Indorama Ventures sur son site français de Longlaville, première usine au monde qui intègre la technologie enzymatique de la jeune entreprise.

Qu’il soit nommĂ© chimique, avancĂ© ou biologique, ce recyclage alternatif Ă  la filière mĂ©canique apparait comme une voie salvatrice pour prendre en charge les gisements de dĂ©chets plastiques non traitĂ©s et qui auraient fini enfouis ou incinĂ©rĂ©s, avec un avantage de taille : celui de fournir en fin de cycle des polymères aptes au contact alimentaire. Loin d’être concurrent, le recyclage chimique se veut au contraire complĂ©mentaire.

Extrait de la revue n° 666 - Mars 2022. Reproduction interdite sauf accord écrit d'Emballage Digest ou mention du support