Texte Alternatif

Dans le même temps, la plasturgie a connu une progression de 6,1% de son activité. La reprise a été particulièrement soutenue dans le bâtiment, avec une demande de matières plastiques de 1,1 million de tonnes, soit + 15,7% par rapport à 2020. L’automobile, avec 400 kt, a enregistré une croissance de la demande de + 17% qui, pour autant, ne lui a pas permis de rattraper son niveau d’avant Covid.

Quant au secteur de l’emballage, il a enregistré une très légère croissance de sa demande en plastiques vierges (+ 40 kt environ). Toutefois, comparée aux années d’avant Covid, la baisse se poursuit (- 134 kt, soit - 6% par rapport à 2017), signe des efforts du secteur en faveur d’une plus grande circularité de ses produits. Au-delà de la réduction et du réemploi, et selon le Syndicat national des régénérateurs de matières plastiques (SRP), 2021 a été marquée par une très forte reprise de la production de MPR (Matières plastiques recyclées) en France (+ 19%) dont l’emballage représente 42 % des débouchés. Ainsi, l’incorporation de matières recyclées dans ce secteur progresse en parallèle de la baisse du recours au vierge. En 2020, après l’agriculture qui utilise près d’un quart de recyclé, le bâtiment est le secteur incorporant la plus forte proportion de MPR dans ses produits, tant en France (14% de MPR incorporés, soit 167 kt) qu’en Europe (16,5% / 2 095 kt), loin devant l’emballage (respectivement 6% et 6,6% / 1 393 kt).

Par ailleurs, les déchets plastique collectés en France ont augmenté de 2,6% entre 2018 et 2020 (3 760 kt). La part du recyclé dans la production nationale de matières plastiques a progressé de 12,9% en 2018 à 14,3% en 2020 (15,2% dans l’EU27 + 3), soit 714 kt, répartis entre 387 kt de MPR issues de déchets post consommation et 327 kt issues de déchets pré consommation. Cependant, la collecte en mélange apparait clairement comme le maillon faible qui freine le développement de l’économie circulaire des plastiques. Sur les 2 150 kt de déchets plastique collectés en mélange, seule une infime partie est envoyée au recyclage (environ 50 kt). En titre de comparaison, au niveau européen, la collecte sélective permet de recycler une proportion de plastiques 13 fois plus élevée que la collecte en mélange.

Texte Alternatif«Alors que Plastics Europe milite en faveur d’une circularité optimale des plastiques, la collecte reste un verrou majeur susceptible d’hypothéquer la transition dans laquelle s’est engagée et investit notre industrie. En France, 77% des déchets d’emballage collectés séparément sont envoyés au recyclage. Etendue à l’ensemble de ce seul gisement, la collecte sélective permettrait à notre pays de largement doubler sa production de plastiques recyclés. D’autant que le développement du recyclage chimique permettra de traiter les refus de tri et les déchets non recyclables par voie mécanique, pour obtenir, qui plus est, une qualité égale au vierge», commente Jean-Yves Daclin (photo), directeur général de Plastics Europe.

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