
Ensachage : la simplicité reste une valeur sûre
posted Friday 28 March 2025
Abonnez-vous à la revue pour lire la suite de l'article
s'abonner
A priori plus fiables, plus faciles à utiliser/entretenir et moins gourmandes en énergie, les machines les plus simples n’ont pas que le tarif pour séduire les PME de l’agroalimentaire.
Qui dit innovation, s’agissant de machines, dit habituellement accroissement de la complexité des systèmes et sous-systèmes. Toutefois, une autre voie est possible, comme le montre l’exemple de la PME nordiste Col de Cygne : «en 2018, lorsque nous avons entamé notre diversification en ajoutant la fabrication d’ensacheuses FFS (Form-Fill-Seal) à la production de conformateurs de haute précision qui était jusque-là notre seule activité, nous l’avons fait dans l’idée de proposer des machines aussi simples, fiables et faciles à utiliser que possible», raconte Louis Rodrigues, chargé d’affaires. Un programme qui s’est traduit par la commercialisation de la CC 60, une ensacheuse verticale désormais déclinée en quatre modèles, tous entièrement conçus et fabriqués dans les locaux de l’entreprise et caractérisés par l’absence de courroies de traction (et donc de moteur dédié) : «lorsqu’elles ne sont pas parfaitement réglées, ces courroies peuvent patiner avec certains films, ou se montrer instables – sans parler du risque de rupture –, c’est pourquoi le film est en l’occurrence entraîné par le mouvement des mâchoires de scellage/découpe des sachets. Outre sa simplicité, cette configuration mono-moteur a l’avantage d’alléger la maintenance et de réduire la consommation d’énergie», expose Louis Rodrigues. Et il en résulte surtout, selon lui, une réduction notable de la probabilité d’un arrêt de production, notamment dans le cas des sachets en papier.
FFS « spéciale pommes de terre »
Destinées à l’emballage de produits alimentaires secs ou liquides à partir d’une bobine de film plastique ou papier, les CC 60 (60 coups/minute) sont en capacité de produire aussi bien des sachets coussin que des sachets à un ou deux soufflets. Les différents modèles de cette gamme se démarquent essentiellement par la dimension des sachets (jusqu’à 320 mm de largeur et 430 mm de longueur pour la CC 60-3), la présence – ou pas (cas de la CC 60-2) – d’un dispositif de refroidissement du système de soudure pour film PE, et enfin les cadences (jusqu’à 120 sachets/minute pour la CC 60-Twin, dotée de deux pistes).
Col de Cygne propose également une machine plus lente : la CC 30-1 (jusqu’à 30 sachets/minute), qui s’avère en contrepartie capable de réaliser des sachets de plus grandes dimensions (jusqu’à 500 mm de largeur et 800 mm de longueur) ainsi que des sachets à fond plat (outre les trois types d’emballage précédemment mentionnés). D’une façon générale, le chargé d’affaires observe que la clientèle attache de plus en plus d’importance à la polyvalence de ses matériels, du moins dans le secteur des fruits et légumes. Fort de ce constat, l’entreprise vient de lancer la CC 60-H, une FFS «spéciale pommes de terre» compatible avec tous les sacs du commerce entre 500 g et 2,5 kg (y compris les sachets micro-ondables), avec des cadences allant de 35 à plus de 40 emballages/minute en fonction du conditionnement. «Grâce à un système de changement de format spécifique, la CC 60-H peut passer du filet à bande (papier ou PE) au sac papier en moins de 10 minutes», souligne Louis Rodrigues.
Rapport qualité/prix
Simplicité, efficacité, robustesse : telles sont également les qualités que la société Franco Pack recherche chez Coalza et Irta, ses deux commettants (espagnols) dans l’ensachage vertical. «Il s’agit de machines certes relativement dépouillées, mais d’un rapport qualité/prix et d’une fiabilité très appréciés, notamment sur le marché africain». Chez Coalza, Franco Pack cite l’ensacheuse intermittente RSqui prend en charge des sacs allant jusqu’à 500 mm de largeur à des cadences pouvant monter à 60 coups/minute. Pour les légumes secs, un système de carrousel placé sous l’ensacheuse permet la production de sacs à double fond carré. Parmi les nouveautés de ce fabricant, on retiendra la machine rotative SR300 (jusqu’à 150 paquets/minute) sur laquelle on peut installer un dispositif de compression pour les produits nécessitant une atmosphère inerte. En ce qui concerne Irta, Franco Pack met plus particulièrement en avant les machines multi-formats destinées aux conditionneurs à façon, comme la VX STB DOY (sachet coussin, doypack, sachet à fond plat, sachet quatre soudures et sac enveloppe) dont la cadence peut atteindre 110 paquets/minute.
De l’ensacheuse Doypack à la ligne complète
Jean-Luc Lanco, gérant de la société de conseil IPC Emballage, qui représente le tchèque Viking Masek et distribue l’italien X-Pack (précédemment Exaktapack Italia), reconnaît lui aussi travailler avec ces deux marques pour les mêmes raisons de rapport qualité/prix… bien qu’elles soient relativement éloignées sur le plan du positionnement marketing : «les ensacheuses X-Pack, comme l’ensacheuse verticale classique EXA200, brillent par la compétitivité de leurs tarifs, tandis que le matériel Viking Masek, lui aussi bien placé au niveau prix dans sa catégorie, mais plus haut de gamme, permet de proposer des solutions à hautes, voire très hautes cadences». À l’inverse, lorsque les enveloppes financières se révèlent très serrées, Jean-Luc Lanco peut également suggérer du matériel chinois en partenariat avec la société Équimat, laquelle met les équipements aux standards français avant d’y apposer son label et d’assurer le SAV (sachant que ces dernières opérations peuvent augmenter le coût…).
Quoi qu’il en soit, le gérant d’IPC Emballage explique partir dans tous les cas de la compréhension fine du besoin (produit, type de film, format des sachets, dose à remplir, cadence…) afin de présenter la meilleure solution possible. S’agissant de stick-packs pour du sucre ou du café par exemple, le choix s’orientera naturellement vers Viking Masek «dont le savoir-faire est très réputé dans ce domaine, avec une vaste déclinaison de modèles multi-pistesallant de la petite ST400 (à partir de deux pistes) à la ST1200 (jusqu’à 20 pistes fonctionnant jusqu’à 80 coups/minute en vitesse mécanique)», argumente le gérant. Mais si le projet porte sur un conditionnement de type Doypack, ce sont les cadences recherchées ainsi que le budget alloué qui diront s’il faut s’orienter plutôt vers la petite machine linéaire X-Pack DOY25 (20 cycles/minute), vers la nouvelle machine rotative EXA 2408 (30/35 cycles/minute), ou alors vers Viking Masek et sa nouvelle génération d’ensacheuses FS Simplex (jusqu’à 60 cycles/minute sur une seule ligne), Duplex (jusqu’à 120 cycles/minute sur deux lignes) et Quadruplex (jusqu’à 200 cycles/minute sur quatre lignes). «D’abord lancées aux États-Unis, ces machines arrivent maintenant en Europe et disposent de sérieux atouts pour répondre aux exigences de production des clients par l’ajout de divers systèmes de dosage (peseuses associatives, doseurs à vis, pompes…) et solutions de fin de ligne allant jusqu’au palettiseur».