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L’emballage connecté adopte un language commun et devient interopérable
posted Tuesday 25 February 2025
On dit d’une innovation que c’est une invention qui a trouvé son marché. Aujourd’hui, il semble naturel d’utiliser son smartphone afin de lire un QR Code et se connecter à un site Internet. Il a fallu cependant des années afin que chacun puisse disposer de contenus et de services à partir de la simple lecture d’un ensemble de points imprimés.
De l’idée d’un ingénieur et de son équipe, à la rédaction puis au dépôt d’un brevet d’invention en 1994, du prototype à l’adoption par quelques-uns, de la norme japonaise JIS X 0510 à la norme internationale ISO/IEC 18004 en 2000, de l’usage industriel à l’usage grand-public grâce aux smartphones, il y a eu de très nombreuses années.
En 2009, dans le cadre des travaux de GS1 sur le Commerce Mobile à Cologne, Mobilead a proposé un modèle alternatif au code à barres EAN : pouvoir identifier les produits de grande consommation à l’aide d’un QR Code contenant un lien URL avec l’identifiant produit GTIN (Global Trade Item Number).
En 2014, lors des universités d’été de GS1 France, nous présentions la mise en œuvre des marques William Saurin, Petit Jean et Garbit. Un ensemble de QR Code contenant chacun, un lien marketing vers chaque produit identifié par sa référence produit – GTIN compressé. Il y a dix ans, le magazine Emballage Digest illustrait cette innovation dans son article « la fin des QR Code marketing, au profit de lien permanents ».
En dix ans, la capacité des smartphones a très fortement évolué. Les utilisateurs, consommateurs, et patients, expriment de nouveaux besoins. Ils sont à l’origine de nouveaux usages. Les marques, les fabricants, peuvent proposer à leurs prospects, à leurs clients, de nouveaux contenus, de nouveaux services, de nouvelles expériences, tout en répondant aux exigences du législateur.
En dix ans, les travaux de recherche, les dépôts de brevets d’invention, les licences d’exploitation FRAND (équitables, raisonnables et non discriminatoires), les publications de nouveaux standards, de nouvelles normes françaises, européennes et internationales, se sont multipliées. Les offres logicielles ont progressé, et progressent encore.
En dix ans, les technologies d’impression ont évolué, permettant une impression numérique, un marquage variable, parfois à haute vitesse – une identification allant de la référence produit (la plus générique), aux différents variantes, numéros de lot, jusqu’à l’identification unitaire (la plus spécifique).
En dix ans, les outils de lecture se sont améliorés. On évoquait la capacité des smartphones, c’est aussi le cas des lecteurs industriels et systèmes de caisse. En 2027, ces derniers devront pouvoir lire les QR Code et interpréter leur contenu, comme un Digital Link. Le code EAN historique restera utilisable, mais le QR Code viendra progressivement le remplacer.
En proposant différents niveaux de granularité à l’identification des produits (de la référence, de la variante, du lot, jusqu’à l’unité), on sera à même de construire de nouveaux contenus, de nouveaux services. Certains seront disponibles autour du Passeport Numérique des Produit (DPP / Digital Product Passport) dans le cadre de Règlement sur l’écoconception pour des produits durables (ESPR) demandé par la Commission Européenne à l’organisme de normalisation CEN CENELEC – en commençant par l’application aux batteries et déchets de batteries.
En 2025, au-delà de l’identification, c’est aussi l’authentification des produits qui va se développer.
L’information sur les produits va évoluer d’éléments déclaratifs, d’un ensemble d’allégations, sur son contenu, sur son contenant, vers une information qualifiée, et surtout vérifiable – une information vérifiable par les autorités, les partenaires, les distributeurs, mais aussi par les consommateurs ou les patients. Chacun pourra s’assurer de l’authenticité des informations, et de la qualité de leurs auteurs. L’apport de la preuve prendra différentes formes, certaines basées sur les normes volontaires et les standards.
Le législateur européen se base en priorité sur les normes internationales, les normes européennes, puis les normes nationales, afin de rédiger les textes réglementaires et actes délégués propres à chaque industrie. Il est d’intérêt de comprendre ces dispositifs afin de pouvoir les mettre en œuvre de façon optimale, tout en rendant possible le développement de solutions complémentaires.