N° 673 - Packaging - La parole à…


 



Denis Paccaud, directeur Innovation, Texen

 

Nouveaux matériaux, quelles réponses apporter aux marques ?
Nous vivons une époque particulière qui voit surgir pléthore de matériaux nouvelle génération. Issus du recyclable (mécanique, chimique…) ou de la biomasse, ils sont recyclables, biodégradables, compostables… ou pas. Les périmètres se confondent, les doutes s’immiscent, les idées reçues affluent… Le moment de faire un point et de trouver ensemble les meilleures solutions pour les marques de la beauté.

Premier paradigme, nous devons cesser de croire que les matériaux recyclés présentent des propriétés strictement identiques à celles des matériaux vierges. Transformation, décoration, résistance chimique et performances mécaniques…, leurs propriétés diffèrent. Plus faciles à transformer, les matières vierges bénéficient d’une longue optimisation industrielle. L’arrivée des matières recyclées bouscule nos métiers et nous pousse à forger cette expérience au pas de course, à la partager avec nos pairs pour relever ensemble le défi du développement durable.
Dans le débat, s’opposent diverses typologies de matériaux et divers modes de recyclage. Les matières biodégradables ou compostables induisent un paradoxe : être inaltérables pendant l’usage du produit puis dégradables en fin de vie. Le défi est grand. Travailler une matière biosourcée signifie aussi anticiper son impact sur la biomasse et sur l’alimentation humaine et animale.

Faut-il favoriser le biodégradable ou le recyclable ? N’oublions pas qu’en France, nous ne recyclons que 30% des plastiques et que 8 millions de tonnes de plastiques se retrouvent chaque année dans les océans.
Puis vient le débat sur les formes de recyclage. Le recyclage chimique consiste à rompre la chaîne moléculaire d’un polymère afin de récupérer des sous-produits purifiés pour de nouveau les transformer en polymères, avec un impact énergétique supérieur au recyclé mécanique. Bien qu’ayant la compatibilité alimentaire, il est encore peu utilisé, car surtout proposé en mass balance (mélangé avec de la matière vierge sans distinction possible comme l’électricité verte d’EDF).
A venir, le recyclage enzymatique (dépolymérisation par des enzymes) s’adapte au traitement des plastiques, même colorés. De nouvelles découvertes permettent également d’espérer ce type de recyclage sur les polyoléfines (PP & PE). Reconnu pour sa boucle carbone vertueuse et son faible impact énergétique, il serait viable à l’infini.

 

Ce que veulent les marques
Poussées par la pression réglementaire, donc économique, mais également par les attentes des consommateurs et des influenceurs, les marques basculent prioritairement vers les recyclés mécaniques. Elles observent et utilisent même les matières compostables, dont les nouveaux grades de chez Sulapac. Certaines bravent les contraintes du recyclé chimique pour en encourager le développement.
Enfin, cette démarche joue en faveur de la marque employeur pour séduire les nouvelles générations de salariés.

 

La solution Texen
Chez Texen, nous favorisons l’emploi des matières recyclées malgré des temps de mise au point conséquents, et nous accompagnons les marques en partenaire dans cette démarche d’écoconception. Nous transformons aussi bien les matières recyclées mécaniquement, que chimiquement grâce à des savoir-faire et des procédés spécifiques.
Pour être force de proposition, nous agissons en constante anticipation : veille technologique, études avec des partenaires académiques, fertilisation croisée avec les fournisseurs de procédés et de matières, des plus classiques aux nouveaux entrants.
En ligne avec notre mission de transformer la matière en expérience, de manière vertueuse, notre laboratoire d’essai (Le Texen Lab) est devenu un centre de recherche et d’innovation s’appuyant sur les sciences. Cette unité autonome composée d’ingénieurs spécialisés dispose d’une réplique de l’outil industriel Texen comprenant la technologie Roctool. Cette dernière apporte une vraie valeur ajoutée sur la transformation des matières recyclées ou biosourcées.
Cette unité est dotée d’outils de caractérisation capables d’analyser des états de surface et déterminer la décorabilité des matières. Un protocole de préqualification permet d’évaluer les nouvelles matières pour aider les équipes à les qualifier plus rapidement en amont de chaque projet.
Texen forge son expérience à marche forcée et apporte son expertise au marché. Sa matériauthèque s’enrichit chaque jour.