N° 673 - Packaging - Actualité

 

 

 

Emballages plastique et circularité : un premier bilan d’étape décevant, pointe la Fondation Ellen MacArthur
La Fondation Ellen MacArthur vient de publier, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le rapport d’étape «Global Commitment 2022»*. Celui-ci est sans appel : les entreprises engagées sur des solutions circulaires de leurs emballages plastique à horizon 2025 n’atteindront pas leurs objectifs. Malgré des progrès parcellaires, le rapport met en exergue un recul sur la réduction de plastique vierge et la part des emballages réemployés. La notion même de l’engagement volontaire semble donc montrer ses limites. Face à ce constat, la Fondation Ellen MacArthur appelle les entreprises à accélérer en matière de réemploi, d’arrêt des plastiques souples et de découplage de leur croissance et de l’emballage. Et les Etats à faire preuve d’ambition dans le cadre du futur traité international contraignant sur la pollution plastique.

 

Les conclusions du rapport ont fait réagir plusieurs associations, dont No Plastic in My Sea. Pour cette dernière, le «Gobal Commitment» n’engageait pas suffisamment les entreprises sur les solutions prioritaires à la pollution plastique reconnues par les scientifiques, la réduction de la production de plastique et le réemploi, notamment recommandées par l’étude de Pew Charitable trust «Breaking the plastic Wave». «En effet, l’objectif global de 100% d’emballages réutilisables, recyclables ou compostables d’ici 2025 ne permettait pas de faire émerger les solutions plus disruptives de réduction et réemploi et risquait d’entraîner une focalisation sur le seul recyclage», explique l’association.

 

Dans les faits, l’usage de plastique vierge a augmenté de 2,5% entre 2020 et 2021 alors que le taux d’emballages réemployés a baissé de 1,5% à 1,2% entre 2019 et 2021. Par ailleurs, si l’incorporation de plastiques recyclés dans les emballages augmente, elle reste nettement en dessous du niveau nécessaire pour atteindre l’objectif de 2025 (10% seulement pour un objectif de 26% en 2025). «Ce rapport démontre à quel point les engagements volontaires ne répondent pas à l’urgence de la situation et repoussent l’émergence des solutions nécessaires en termes de réduction et réemploi pour espérer endiguer la pollution plastique et micro plastique qui affecte notre environnement et notre santé», a commenté Muriel Papin, déléguée générale de No Plastic In My Sea.
 

 

*Le « Global commitment » ou « Engagement mondial » réunit depuis 2018 plus de 500 organisations, majoritairement des entreprises qui représentent 20 % de tous les emballages plastiques produits dans le monde.