N° 663 - Packaging - Focus



 



Nouveaux plastiques : quel futur pour l’emballage ?
Fin novembre, l’entreprise à mission Citeo reprenait la parole avec son évènement Citeo Prospective autour d’un nouveau rendez-vous sur les plastiques de demain et la place des plastiques biosourcés dans l’innovation packaging.

 

A l’heure où le plastique n’a pas bonne presse en raison de sa faible circularité (faible taux de recyclage) et son impact sur l’environnement, Citeo proposait de réfléchir autour de cette question : peut-on encore innover autour du plastique ? avec de nouvelles sources, autres que des énergies fossiles. Pour l’occasion, des experts étaient conviés à en débattre autour de deux tables rondes, en présence de 1000 participants. Un événement animé par deux figures de Citeo, à savoir Vincent Colard, responsable R&D écoconception et Orianne Broussard, chef de projet écoconception.

 

Peut-on innover dans les résines plastique à l’heure de l’économie circulaire ?
«Bloquer l’innovation autour de seulement deux ou trois résines, les plus communément utilisées, relèverait de l’immobilisme et serait très dommageable», annonce Jean-Marc Nony, directeur du développement durable, Groupe Sphere lors de la première table ronde. Ce dernier s’est félicité des efforts de la filière et des avancées observées ces dernières années sur le développement des résines biosourcées, même si le marché reste niche (on l’estime à 25 000 tonnes en France). «Leur taux d’intégration ne cesse d’augmenter. Ainsi que leur performance quant à leur biodégradabilité marine ou dans les sols, leur compostabilité ou encore la finesse des films fabriqués à partir de ces nouvelles résines».
Le secteur suscite l’intérêt des plus grands noms. Ainsi, Total Corbion PLA rappelle avoir investi l’an dernier dans une usine de production de PLA à Grandpuits en Franced’une capacité de 100 000 tonnes, fort du succès d’une première usine de 75 000 tonnes en Thaïlande. Une annonce qui vient répondre à la croissance du matériau biodégradable et biosourcé de 15 à 20% au niveau mondial. «Même s’il fête ses 100 ans, le PLA reste une solution innovante car économise en moyenne 2/3 des émissions en CO2 par rapport à une résine plastique d’origine fossile », commente Thomas Philipon, directeur général de Total Corbion PLA. Testé en partenariat avec Metpack, le PLA s’avère, par exemple, prometteur en enduction sur un support papier totalement recyclable et compostable. Par ailleurs, le groupe a lancé en octobre dernier une gamme de PLA recyclé et propose à ses clients de travailler sur des boucles courtes pour gérer la fin de vie du PLA, celui-ci pouvant être recyclé mécaniquement ou bien par recyclage chimique. Total Corbion PLA travaille déjà avec un fabricant de bouteilles d’eau en plastique en Corée du Sud en boucle fermée grâce à son propre recyclage chimique – qui diffère de process de pyrolyse – pour en faire à nouveau du PLA. D’autres exemples émergent. A l’instar du projet commun réunissant Total Corbion PLA, Danone, Citeo et Tomra pour recycler des pots de yaourt en PLA. «Ce sont là des études de faisabilité prometteuses alors que la filière de recyclage du PLA n’existe pas encore en France», rappelle Vincent Colard.


 

Extrait de l'article paru dans ED/N°663 - Novembre 2021