N° 663 - Packaging - Parfumerie&cosmétique/Dossier

 

 

 



Etiquettes : du changement à petits pas
Les étiquettes en plastique restent majoritaires sur le marché de la cosmétique, et sont adaptées pour faciliter le recyclage de l’ensemble du pack. En parallèle, d’autres matériaux émergent, comme le papier hydrorésistant ou les matières biosourcées.

 

La transition écologique entraîne une métamorphose des étiquettes à tous les points de vue : process, matériaux, production, etc. Il faut donc répondre à ce mouvement qui remet en cause beaucoup de choses, notamment au niveau industriel. «Les machines d’étiquetage, les techniques d’impression doivent être adaptées à chaque matière. Nous développons les process les plus économes en énergie, en gâche notamment. Transformer nos équipements passe par de l’investissement, or tout le monde n’a pas cette priorité ni les moyens. Je pense que ces changements vont s’étaler sur une décennie», analyse Gilles Poncato, directeur commercial du groupe Autajon.

 

Dans le secteur cosmétique, les étiquettes en PP blanc et transparent dominent le marché, avec «une tendance de plus en plus marquée sur les PET et les PP teintés dans la masse, dans des teintes or, argent ou noir brillant. Le toucher doux (soft touch) est également très demandé, surtout sur les marchés américains, à la fois pour une bonne protection de l’étiquette et pour son aspect peau de pêche», souligne Ahmed Mouissat, technicien des ventes pour le secteur de la cosmétique chez LithoBru.

 

Mais de nouveaux marchés, avec des étiquettes en PP ou PET recyclés, émergent. La notion d’économie circulaire est explorée : «nous proposons des étiquettes en PP issu des huiles de retraitement des déchets de l’industrie papetière. Celles-ci sont synthétisées puis reformulées pour former une structure moléculaire similaire à celle d’un PP classique», explique Jean Arnaud Moreaux, directeur du site des étiquettes Haas (cosmétique et parfum), en région parisienne. Ce site fait partie des neuf maisons d’impression du groupe Inessens, dédiées aux étiquettes (et plus récemment aux étuis).

 

Les matériaux biosourcés intéressent les marques également : «ils sont fabriqués à base de matière végétale comme le bionaphta, la bagasse de canne à sucre ou des tiges de végétaux divers… c’est une alternative aux matières synthétiques», assure Gilles Poncato. Le papier revient en force, traité pour être hydrorésistant. «L’aspect du papier est plus naturel que celui des étiquettes classiques en PP. Il renvoie une image vintage, propre. Les composantes intrinsèques de ce type de papier, avec des agents intégrés dans la masse, lui permettent de résister aux agressions extérieures, aux corps gras, aux parfums», constate Jean Arnaud Moreaux. Ahmed Mouissat confirme : «un panel de plus en plus étoffé de papiers recyclés – issus du développement des spiritueux et vins effervescents – est proposé, en alternative aux synthétiques. Le choix des papiers devient plus varié : supports structurés, grammages… Cela donne une haute valeur ajoutée à l’étiquette». Les marques indépendantes tirent actuellement cette tendance au naturel.



 

 

 

 

Cosmetic labels: slow changes
On the cosmetic market, most of labels are still made from plastics. They are adapted to facilitate the recycling of the entire packaging, either by being easily detachable (CCL Label, Autajon) or being made from the same plastic (PP, PET) than the bottle. Besides, alternative materials are emerging, such as recycled PP or PET (LithoBru, Autajon, Inessens, CCL Label), paper with a specific treatment to resist water (same suppliers), or biosourced materials (Autajon). Labels dimensions are evolving towards booklets, as secondary packaging tend to be removed. Regarding decoration, brands are looking for minimalism, with less metallization and colours. They tend to favour textures effects.

 

 

Extrait de l'article paru dans ED/N°663 - Novembre 2021